En fait, ce n’est pas le Coran
qui prône l’interdiction de représentation de Mahomet - comme d’ailleurs
celle d’humains et d’animaux -, mais les hadiths - des recueils qui
rassemblent les actes et les paroles attribués au Prophète. Mais s’il
fallait les suivre à la lettre, il ne devrait y avoir ni statues, ni
photographies, ni télévisions dans les pays musulmans. En fait, les
hadiths tentaient d’abord de combattre l’idolâtrie, un péché dénoncé
dans l’islam, comme d’ailleurs dans le judaïsme et le christianisme.
Les historiens de l’art retrouvent des représentations du
Prophète jusqu’au XVIIIe siècle. Depuis, celles-ci deviennent de plus en
plus rares, mais ne disparaissent pas totalement, comme le racontent
les ethnologues Pierre Centlivres et Micheline Centlivres-Demont dans
une étude publiée en 2005 intitulée "Une étrange rencontre. La
photographie orientaliste de Lehnert et Landrock et l’image iranienne du
prophète Mahomet". Ils découvrent à l’été 2004 à Téhéran un portrait de
Mahomet jeune, en couleur, la tête enturbannée. L’affiche a été
imprimée en Iran.