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agent ananas 28 juin 2015 17:33
agent ananas

@Fernand Tristan Isolda

Bonjour

L’avènement du bloc des pays du BRIC et le déclin annoncé de l’hégémonie US change la donne qui prévaut depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Depuis que Bzrezinski a remit au gout du jour le concept « Eurasie » énoncé par le géopoliticien britannique Halford Mackinder en 1904, il n’est pas étonnant que l’attention de certains européens se tourne vers la zone Eurasie. Déjà en 2003, le duo « Chirac-Schroder » envisageait un axe « Paris-Berlin-Moscou-Pékin ». Pour paraphraser Emmanuel Todd, « il ne s’agit pas ici de métaphysique ou de morale, mais de rapports de forces internationaux ».
Les valeurs européennes sont mortes depuis la main mise et la mise en coupe réglée de l’économie par la finance. Voir le discours hier du premier ministre grec Tsipras qui ne cache pas son amertume du déficit démocratique en l’Europe. L’idéal européen auquel vous vous référerez est en fait un carcan élaboré par l’ACUE qui n’est plus supportable pour certains pays européens qui veulent rétablir une plus grande souveraineté. Il est important de rappeler que les architectes de la construction européenne (Monnet, Schumann, Spaak, Retinger, etc) étaient des agents au service des américains.
Bien sur pour l’Allemagne, il ne s’agit pas de « détruire » l’U.E/OTAN per se, mais d’exercer une plus grande indépendance, notamment vis à vis des US. Cela est clair depuis son refus de cautionner et de participer à l’aventure en Libye en 2011 et les « accrochages » diplomatiques qui ont émaillé les relations germano-américaines depuis (espionnage du téléphone de Merkel, refus de restituer l’or allemand entreposé dans les banques US, entre autres).
Certes, l’Allemagne est divisée et ambivalente vis à vis de la Russie. Le Bundestag est encore largement atlantiste, tandis que le patronat allemand veut renforcer et étendre ses liens économiques avec la Russie. Même le leader du SPD, Gabriel, reconnait qu’il n’est pas dans l’intérêt de l’Allemagne de destabiliser la Russie. Etonnant que la coalition « GroKo » au pouvoir (CDU/SPD) n’ait pas encore implosé... Les non-dits et les silences de l’Allemagne peut s’expliquer par le fait que ce pays « occupé » abrite de nombreuses bases militaires US... et qu’il n’est pas dans son intérêt d’être dans une confrontation directe. On remarquera toutefois que le quadrige de la Porte de Brandebourg est tourné vers l’Est. Tout un symbole !
Quant aux peuples eux mêmes, ils se sont déjà exprimés. Les français, les hollandais, les danois et les irlandais ont rejeté par voie référendaire les traités de Maastricht ou de Lisbonne... pour être ensuite désavoués par leurs parlements. Si les grecs rejettent bientôt l’ultimatum de la proposition des institutions européennes, alors l’U.E sera plongée en territoire inconnu.



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