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Alban Dousset 10 juillet 2015 11:58
Archives AD

@lsga

Bonjour,

Si vous souhaitez des réponses attentives et développées, je vous recommanderais d’être moins péremptoire et incisif dans vos propos.

1) Sur l’aspect moral et manichéen de Marx :

On peut considérer la politique comme le fonctionnement (méthodique, théorique et pratique) d’une communauté, d’une société, d’un groupe social. Le manifeste du parti communiste est un essai politico-philosophique rédigé par Marx qui définit une certaine idée du bien commun, de l’intérêt général.

Or la définition d’un bien commun, implique une définition du bien et du mal, du bon et du mauvais. Le manifeste du parti communiste exprime l’importance de la lutte des classes, qui oppose « oppresseurs » (mauvais/bourreaux) et « opprimés » (bon/victime).

Cette conception manichéenne de rapport de force s’illustre parfaitement à la fin de la seconde section du Capital lorsque Marx caricature l’attitude dominatrice du capitaliste et l’attitude dominé du travailleur :

"Notre ancien homme aux écus prend les devants et, en qualité de capitaliste, marche le premier ; le processeur de la force de travail le suit par derrière comme son travailleur à lui ; celui là le regard narquois, l’air important et affairé ; celui-ci timide, hésitant, rétif, comme quelqu’un qui a porté sa propre peau au marché, et ne peut plus s’attendre qu’à une chose : à être tanné."

 

2) Sur l’aspect théorie politique.

Le communisme est une doctrine qui vise autant à réformer l’économie que la politique

>> C’est cela que l’on appelle économie politique.

 

3) Sur le libre-échange et la mondialisation.

Marx serait « pour » les libre-échangistes et la mondialisation ? (Nausée.)

Marx déclarait lui-même dans le discours sur le libre échange (que vous invoquez afin de travestir ses pensées)  :

"Pour nous résumer : dans l’état actuel de la société, qu’est-ce donc que le libre-échange ? C’est la liberté du capital. Quand vous aurez fait tomber les quelques entraves nationales qui enchaînent encore la marche du capital, vous n’aurez fait qu’en affranchir entièrement l’action. Tant que vous laissez subsister le rapport du travail salarié au capital, l’échange des marchandises entre elles aura beau se faire dans les conditions les plus favorables, il y aura toujours une classe qui exploitera, et une classe qui sera exploitée. On a véritablement de la peine à comprendre la prétention des libre-échangistes, qui s’imaginent que l’emploi plus avantageux du capital fera disparaître l’antagonisme entre les capitalistes industriels et les travailleurs salariés. Tout au contraire, tout ce qui en résultera, c’est que l’opposition de ces deux classes se dessinera plus nettement encore." [...] "La fraternité que le libre-échange établirait entre les différentes nations de la terre ne serait guère plus fraternelle"

 

4) Je définis clairement les facteurs « Capital » et « Travail » dans ma propre analyse de l’économie. (Cf note de bas de page et 1#)

 

5) Marx serait libéral ?

Il serait un communiste et un libéral qui :

>> Résume la théorie communiste par « abolition de la propriété privée ».

>> Prévoit "d’abolir l’individualité, l’indépendance, la liberté bourgeoises".

C’est donc cela être libéral ?

 

6) La destruction créatrice serait de Marx ?

Sur ce point, je vous renvoie vers Wikipédia ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Destruction_créatrice ) qui confirme que cette expression est issue de Schumpeter. Mais si vous avez des citations pour étayer vos propos fantasmatiques, je serais heureux de les lire.



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