’’.....Ces dernières années ont vu une recrudescence spectaculaire de la guerre
des mots opposant Israël aux Palestiniens et aux Arabes, avec le
concours actif des partisans des deux camps en Europe et aux Etats-Unis.
Cette dimension particulière du conflit israélo-arabe a toujours été
cruciale pour l’Etat d’Israël : constitué dès l’origine en forteresse
enclavée dans un environnement régional hostile, il doit impérativement
cultiver le soutien des pays occidentaux à sa cause.
C’est lors
de l’invasion du Liban, en 1982, que l’image d’Israël en Occident se
détériora sensiblement pour la première fois. Le long siège de Beyrouth,
marqué par les massacres des camps palestiniens de Sabra et Chatila,
perpétrés sous supervision israélienne, choquèrent l’opinion publique
mondiale. En Israël même, ce traumatisme, comparable à celui produit aux
Etats-Unis par la guerre du Vietnam, demeure présent [1].
Entre ce moment et celui de la première Intifada, en 1987-1988,
l’Etat hébreu fut ainsi le théâtre d’un remarquable réexamen critique
des mythes centraux de l’idéologie sioniste par ceux qu’on appela les
« nouveaux historiens » [2].
Cette réécriture de l’histoire des origines d’Israël donna naissance
à un courant, certes minoritaire mais qualitativement important : le
« postsionisme ». Il n’empêcha cependant pas le glissement à droite, par
étapes, de la société israélienne, de l’enlisement précoce des accords
d’Oslo jusqu’à l’affirmation d’un « néosionisme » agressif............’’