’’....Selon la définition du sociologue israélien Uri Ram :
« le
postsionisme est d’orientation citoyenne (il soutient l’égalité des
droits et a en ce sens une préférence pour un Etat de tous ses citoyens
dans les frontières de la “ligne verte” [ligne d’armistice avant la
guerre de 1967]), universelle et mondiale. Le néosionisme est
particulariste, tribal, juif, ethnonationaliste, intégriste et même
fasciste sur la marge ». [3]
Le sabotage par Israël des négociations de paix, sa colonisation
accélérée des territoires palestiniens occupés et ses offensives
meurtrières au Liban (2006) et à Gaza (2008-2009) accentuent
inexorablement la dégradation de son image. Pour tenter de l’enrayer,
les instances israéliennes officielles et leurs partisans
inconditionnels en Occident invoquent, comme toujours, la mémoire de la
Shoah, dont ils espèrent une légitimation de leur action [4].
Mieux : ils ont toujours tenté d’impliquer les Palestiniens et les
Arabes dans le génocide nazi. C’est dans ce but que, dès la fin de la
seconde guerre mondiale, les instances sionistes ont mis en exergue le
tristement célèbre mufti de Jérusalem. Figure de proue du nationalisme
palestinien dans les années 1920 et 1930, Amin Al-Husseini, exilé de
Palestine par les autorités britanniques en 1937, avait rejoint le camp
des puissances de l’Axe en 1941, après un séjour en Irak. Il contribua
activement, depuis Berlin et Rome, à la propagande des régimes nazi et
fasciste ainsi qu’à la mise sur pied d’unités bosniaques musulmanes de
la SS — qui ne commirent cependant pas d’exactions antijuives.
Largement discrédité dans le monde arabe, sinon en Palestine, avant même
son exil européen, Al-Husseini rencontra si peu d’écho que, malgré
toutes ses exhortations à rejoindre les troupes de l’Axe, seuls 6 300
soldats originaires de pays arabes, selon les calculs d’un historien
militaire américain, « passèrent par les différentes organisations militaires allemandes »,
dont 1 300 originaires de Palestine, de Syrie et d’Irak, le reste en
provenance d’Afrique du Nord. Ces chiffres doivent être comparés aux 9
000 soldats arabes de la seule Palestine engagés dans l’armée
britannique et aux 250 000 Maghrébins qui combattirent dans les rangs de
l’armée française de la libération et fournirent la majeure partie de
ses morts et blessés [5]....’’