La crise est un super prétexte pour exacerber
l’obsession pour le coût du travail, mais pas du capital. La
compétitivité elle-même (maintes fois invoquée) n’est-elle pas une
notion floue désignant la capacité d’un pays et de ses entreprises à
affronter la concurrence ? En privilégiant une compétitivité par le bas –
en réalité dévaluation interne – qui consiste à baisser les prix à
l’exportation tout bonnement en diminuant les coûts à la production. Le
débat public se concentre donc sur le coût du travail tandis que le coût
du capital n’est jamais évoqué, alors que les revenus nets distribués
représentent aujourd’hui 10 % de la valeur ajoutée des sociétés non
financières. Ce niveau historiquement record depuis la Seconde Guerre
mondiale, par rapport à 5,5% en 1999, permet de conclure que la part
dévolue aux actionnaires a donc crû dans des proportions considérables
ces douze dernières années. Autrement dit, la complainte patronale
faisant de la baisse du taux de marge la raison profonde des faibles
investissements et du moindre effort en matière de recherche et
développement ne tient pas la route. Elle passe en effet sous silence la
part de plus en plus lourde que les entreprises choisissent de
distribuer aux propriétaires de capital, quelle que soit l’intensité de
la crise économique et financière...lire la suite