Après ce
réquisitoire dont je pourrais partager bien des points, notamment
tous ceux qui ont trait à la dérive autoritaire du régime ( mais
apparemment c’est dans l’air du temps puisque c’est aussi le cas en
Hongrie et en Pologne ) je voudrais demander au procureur quelles
solutions il compte apporter à cette frilosité des Européens à
accueillir des migrants issus de conflits que leurs dirigeants ont favorisés, obsédés par des droits de l’homme qu’ils sont d’ailleurs – pour
certains - assez incapables d’appliquer sur les territoires dont ils
ont la charge.
Les Turcs devraient
sans doute se mettre dans le mauvais cas de l’Europe de
l’Est sous régime communiste quand elle mit en oeuvre son rideau de
fer pour empêcher ses citoyens d’ échapper à son autorité
pour trouver refuge en Europe : j’entends déjà les cris d’orfraie des arbitres des élégances tellement prompts à déceler la paille dans l’œil de l’autre et à négliger la poutre dans le leur.
Que n’entendit-on
pas à l’époque de la guerre froide sur les fossoyeurs de la liberté !
Les Turcs ont sur leur territoire 3 millions de réfugiés, une broutille quand la France qui s’était engagée à en recevoir 30 ou 40.000 étouffe de langueur avec les quelques centaines qui ont accepté de venir chez elle.
Devraient-ils interdire aux réfugiés parqués chez eux la sortie de leur territoire pour peu que la chose fût possible quand ces
réfugiés comme d’autres avant eux ( qui furent encensés à l’époque ) font
le choix de la liberté ?
Ce n’est pas la
Turquie qui est en position de force, c’est l’Europe ( Madame Merkel que je n’aime pas sauve l’honneur ) minée par des
populismes xénophobes imbéciles et en contradiction avec ses
valeurs humanistes proclamées qui est en état de faiblesse.
Alors oui, soit
l’Europe continue à faire fi de ses principes et elle est bien partie pour et alors elle se transforme
en forteresse enfermée dans ses barbelés et ses miradors : elle en
assume en conséquence le coût financier et moral soit elle sous-traite à la
Turquie et cela aussi a un coût.
Et on peut considérer après tout que la Turquie brade sa souveraineté pour 6 milliards de monnaie de singe : pas cher payée, en l’occurrence !
Un marché de 500
millions d’habitants qui est incapable d’assimiler un million de
réfugiés ( 0,2 % de sa population ! ) est condamné au
déclin et à la décomposition et la Turquie qui lui est extérieure
n’a rien à voir dans l’affaire.
Au demeurant elle n’a pas
vocation à contrôler les frontières de l’Europe sans
contre-partie.
Bien qu’il vous en
déplaise visiblement.
Et vouer le sultan
aux gémonies ne sont que dérisoires piaillements...