Totalement d’accord avec la manière dont Lordon réhabilite le clivage gauche/droite.
Mais il est une autre confusion qui en justifie cette réhabilitation.
D’aucuns (et on en trouvera aisément la position sur l’échiquier politique) s’affirment anti-système et pointent comme adversaires les élites.
Ce paradigme idéologique a une double fonction :
-Pointer un système sans le qualifier est un moyen de ratisser large : cela permet et de réunir (souvent à leur insu ) ceux qui veulent se battre contre le système d’exploitation capitaliste avec ceux qui incluent pêle-mêle dans le « système » l’assistanat, la fonction publique et l’accueil des étrangers, bref tout ce qui fait la fortune des tea party états-uniens.
-Définir comme adversaire les « élites » est une rhétorique qui évacue la cause de la situation que l’on prétend dénoncer. Ce sont bien ceux qui exploitent le travail humain et qui en tirent des profits gigantesques qui sont les responsables. Et Frédéric Lordon a bien raison de préciser qu’« il faut en finir avec la propriété lucrative des moyens de production ».