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Loatse 1er mai 2016 14:03
Loatse

L’essai qui s’éternise :


Des perles de toutes sortes de formes, fines et allongées pour les tiges de fleurs, en cabochon pour les diamants des malles au trésor, voici ce que ces ouvrières dans les années 1980 (et pas 1880), brodaient sur des tee shirts l’été ou des pulls l’hiver...A domicile, souvent plus de 14 heures par jour (payées à la pièce)

L’infâme s’est alors mis en tête de baisser la rémunération... Il savait la nécessité absolue pour ces jeunes femmes souvent avec enfants de travailler non pour le superflu mais bien pour l’essentiel..Alors de 10 francs, il passa ainsi à 8, puis à 5 la pièce...(= un caddy par semaine pour une bosseuse)

Les lampes restaient allumées un peu plus tard la nuit... Les méticuleuses s’activaient telles des fourmis , soucieuses des finitions, dans l’espoir d’un contrat et donc de bulletins de salaire...(les meilleures seraient parait il embauchées, ce qu’elles croyaient sinon pourquoi ces photocopies de pièces d’identité se demandaient les naives postulantes avant de jeter deux mois ou 3 après, l’éponge ne voyant rien venir..),

Aussitôt terminé, l’ouvrage était plié et glissé dans une pochette plastique...

puis il leur fut demandé de repasser le dit ouvrage.. Puis vinrent du portugal postuler, des jeunes femmes sans diplômes, parfois sans papier, la faim au ventre, des enfants à nourrir...

L’aubaine pour l’enfoiré que toute cette main d’oeuvre supplémentaire.. alors il baissa encore la rémunération. jusqu’à 2 francs la pièce, repassage compris...

L’ouvrage de marque, une fois fini, s’en allait lui en boutique... ou il était vendu 500 francs !

Non loin de l’entrepôt, dans une banale zone industrielle entourée de villas, dans des sous sols de villas encombrés et sombres loués à prix d’or, d’autres jeunes femmes mères de famille s’activaient sur leurs machines à coudre, empilant ca et là entre deux lits superposés et un berceau, des anoraks de toutes tailles, en échange d’un « salaire » qu’un travailleur du bengladesh aurait refusé..

En ce premier mai, c’est à toutes ces ouvrières de l’ombre, que je dédie mon brin de muguet virtuel, à celles qui n’avaient alors d’autre choix alors que d’accepter pour des questions de survie, l’inacceptable... Qui n’osaient se plaindre, de peur de représailles ou de priver d’autres bouches de l’essentiel.

Un vivier sans cesse renouvellé grâce auquel des fortunes se sont bâties et se bâtissent encore car les vautours à l’affut de la misère, ce n’est pas cela qui manque dans notre monde..

https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00560477/PDF/Avrane1.pdf



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