Chap 65 : les chiures de leur Histoire
Le désert noir des cendres de l’Époque, était le terrain de jeu idéal à tout Seigneur qui voulait éprouver un nouveau corps où régler une armure. Mais le Livre ne le voyait pas ainsi. Il le nommait aussi Caddie, mais ce nom devait avoir eu un sens mythique.
Le tournant du siècle fut le temps de décadence du Caddie, où s’effacèrent toute forme en laquelle notre vie profonde peut s’accomplir. Dérivant dans ce néant consumériste et lascif, les bobos vacillaient et trébuchaient comme des chameaux de Nietzsche, atteints du prion. Ils tombaient de la joie de la satisfaction du Désir des choses, à la déception obscure de la copulation inutile. Le sentiment impalpable d’un manque infini faisait voir pleins d’attraits l’avenir et le passé. Ils vivaient ainsi dans des temps écoulés ou dans des utopies lointaines, cependant que l’instant s’enfuyait insaisissable dans cette morne caravane, gardée par les Seigneurs du Caddie. A l’aurore, l’ombre du troupeau bobo, sur la grise surface, errant entre les dunes au couleurs bigarrées, avait l’apparence d’un serpent incertain, attendant le réchauffement de son antre, pour y forniquer.
Alors les bêtes les plus curieuses firent un bond de traverse maladroit mais déterminé. Elles découvrirent que ce petit écart était plus cher à leur coeur que leur longue transhumance bovine et obéissante. Ainsi ces chameaux devinrent plus lions. Le plus décidé à découvrir le fluide rafraîchissant des danseurs, creusa profond le sable, à l’ombre divagante du troupeau qui s’était mis à louvoyer mécaniquement. Et ses frères suivaient cet Unique, dans sa tranchée faite à coup de griffes. Dans ce sable tout rond, tout semblable, ils mirent au nouveau jour, une vieille jugulaire en cuir, toute mordillée, comme par un chien. Autour, un sinistre cercle d’acier brute, poignait du sable gris.
Etc ... etc .... mais bon .... c’est juste pour lutter contre Al.