Camarade Chalot,
Tu parles de la gratuité de l’avortement avec l’ingénuité d’une vierge
impubère qui chanterait « Les Sucettes » de France Gall sans
penser à mal. Pour toi, visiblement, arracher un foetus ou une dent de sagesse,
c’est du pareil au même.
« La femme peut disposer de son corps », dis-tu. La belle
affaire. D’une part, ce cri d’individualiste capricieux est tout à fait
discutable : chaque individu a dans ce monde une responsabilité morale, sinon
pourquoi viendrais-tu pérorer sur Agoravox ? Chacun est libre de détruire ses
biens, mais pas son corps. Ici, en plus, il s’agit du foetus, et le
foetus, précisément, ne fait pas partie du corps de la femme ; il est dans ce corps mais il n’est pas ce corps : Il
est un autre corps, et celui-là, elle n’a aucunement le droit d’en disposer
comme bon lui semble.
En plus, tu veux que moi, je paye pour ces pratiques révoltantes ! Car
l’argent public, camarade, ne tombe pas du ciel, d’autant moins pour toi qui
n’y crois pas : L’argent public n’est que le fruit de la fiscalité, c’est à dire
de la contribution de chacun. Tu veux donc que moi, je paye pour quelque chose
qui me révolte ! Et tu prétends respecter ma liberté !?
Allons, camarade, rengaine ton sabir de syndicaliste hargneux. Nous n’avons
pas de leçons de morale à recevoir de ceux qui ignorent profondément ce que
« morale » veut dire. Un bon cours de philosophie te
serait plus salutaire qu’une prise de parole qui révèle le peu de profondeur de
ta réflexion.