@BlueMan
L’expérience
montre que si le transfert de technologie consiste à dévoiler les
plans de fabrication d’un produit de très haute technologie comme
dans le cas des avions ou des sous-marins, ce n’est pas suffisant
pour que ceux qui reçoivent ces plans puissent reproduire avec la
même qualité le dit produit.
L’exemple
historique le plus frappant fut l’échec des soviétiques à
fabriquer un concurrent de Concorde alors que l’espionnage leur
avait fourni tous les plans de l’appareil franco-britannique.
Le Tupolev 144
vibrait à vitesse supersonique du fait de turbulences se produisant
sur l’extrados de ses ailes qui n’avaient pas la subtilité de
celles du Concorde profilées savamment au dixième de millimètre
après des milliers d’heures d’étude en soufflerie dont
s’étaient dispensés les Russes.
Les écoulements
d’air sur l’extrados des ailes du Concorde restaient laminaires à
vitesse supersonique et l’avion ne vibrait pas. C’était un
exploit, vu leur taille, réalisé par les ingénieurs français
seuls.
Les Russes n’ont
pas su reproduire l’aile ogivale du Concorde, dont le dessin
s’appuyait sur la longue expérience acquise avec l’aile delta du
Mirage III. Et ils ont dû ajouter un plan canard sous la cabine de
pilotage pour cabrer suffisamment l’appareil afin qu’il puisse
décoller à une vitesse raisonnable, dispositif que les concepteurs
du Concorde aveint soigneusement évité.
Ce machin qui devait
être mobile, car à haute vitesse il devait impérativement être
rentré, fut la cause de la perte de l’appareil au salon du
Bourget : il se détacha en vol et le Tupolev s’écrasa sur
des pavillons de la ville voisine.
Les Chinois
découvrent actuellement qu’ils ne sont pas encore capables de
fabriquer un réacteur d’avion de ligne concurrentiel en terme de
rendement, malgré leurs achats de technologie, faute d’avoir des
ingénieurs formés par de longues expérimentations.
Les Indiens, même
s’ils parvenaient à convaincre Dassault de leur brader à vil prix
les secrets technologiques du Rafale – On peut dire à ce propos
qu’ils ne manquent pas d’air et prennent les Français pour de
pauvres types, ce qu’ils ne sont pas – seraient bien incapables
de fabriquer un avion original équivalent au bijou
perfectionné petit à petit dans notre pays par les meilleurs
ingénieurs mondiaux.
Le transfert de
technologie fonctionne très bien en revanche quand il s’agit de
produire une molécule. C’est pourquoi il est facile à des pays
émergents de fabriquer des génériques qui valent le princeps à
condition, bien sûr, de travailler avec sérieux et responsabilité.
De toutes façons,
les contrats de tranfert de technologie peuvent contenir des clauses
de non-concurrences qui déconsidéreraient tout pays ne les
respectant pas.