Ceux qui ne comprennent pas cela ne comprennent pas que ce n’est pas en étant aussi cruels que les condamnés qui sont supposés l’avoir été qu’on combat efficacement la cruauté.«
Dans un Etat de droit, il n’y a aucune cruauté dans la peine de mort. Nul n’étant censé ignorer la Loi, le transgresseur sait ce qu’il joue à prendre le risque. A la différence de la victime, qui n’a joué à rien, mais qui est exécutée quand même...
»Pour preuve, cela ne dissuade aucun candidat aux futurs crimes…«
Certaines études ont démontré le contraire, mais Rakotoarison ne veut pas le savoir.
Camus, lui, il le savait mais il s’en foutait de ceux qui étaient susceptibles d’être sauvés par la perspective d’une exécution.
Dans ses Réflexions sur la guillotine, il a écrit :
»Mais, après tout, pourquoi la société croirait-elle à cet
exemple puisqu’il n’arrête pas le crime et que ses effets, s’ils existent, sont
invisibles ? La peine capitale ne saurait intimider d’abord celui qui ne sait
pas qu’il va tuer, qui s’y décide en un moment et prépare son acte dans la
fièvre ou l’idée fixe, ni celui qui, allant à un rendez-vous d’explication,
emporte une arme pour effrayer l’infidèle ou l’adversaire et s’en sert, alors
qu’il ne le voulait pas, ou ne croyait pas le vouloir. Elle ne saurait en un
mot intimider l’homme jeté dans le crime comme on l’est dans le malheur. Autant
dire alors qu’elle est impuissante dans la majorité des cas.«
Cela signifie qu’elle peut être »puissante« dans une minorité de cas, le grand humaniste a choisi de s’asseoir. C’est son droit. Comme c’est son droit de citer un cas de figure foireux à l’appui de sa démonstration - »...alors qu’il ne le voulait pas, ou ne croyait pas le vouloir..." -, parce quand on veut simplement effrayer, intimider, on ne charge pas, c’est aussi con que ça !