@foofighter
la défaite et la
capitulation du Japon étaient acquises
Comme
je l’ai dit plus haut, la défaite était en effet certaine : un
pays-archipel sans flotte de guerre car au fond de l’océan, donc
sans aviation embarquée et même sans marine marchande coulée
aussi, ne pouvait envisager d’obtenir une paix blanche avec son
terrible adversaire. Tous les Japonais joueurs de go le savaient. Le
grand espoir suscité par les kamikazes était vite retombé avec les
pertes inutiles causées par la chasse US et la DCA embarquée.
La défaite était certaine mais la capitulation, c’était
autre chose ! Capituler est une attitude inconcevable dans le cadre
du bushido, le code de l’honneur du samouraï.
Même Hitler, une Européen pourtant, n’avait pas capitulé,
préférant le suicide.
Au Japon, à la différence des pays judéo-chrétiens, les suicidés
étaient honorés. On donnait en exemple les guerriers qui avaient
pratiqué à la demande de leurs maîtres, le sacrifice ou sepuku
(surtout par hara-kiri, l’ouverture du ventre, qui causait une
douleur abominable abrégée par une décapitation au sabre.)
On
pouvait imaginer que les Japonais seraient encore plus déterminés
que Hitler à mourir plutôt que de se rendre. N’oublions pas qu’ils
méprisaient complètement les soldats US et britanniques qui
s’étaient rendus au début du conflit (Cf. le film "Le pont de
la rivière Kwaï" qui donnait toutefois une image très
édulcorée de la réalité, de la détention et du travail forcé
imposé à tous, y compris aux officiers supérieurs nécessairement
plus âgés que les hommes de rang.)
Et
même s’il restait muet sous cette féroce dictature, le peuple non
plus ne souhaitait pas une capitulation, synonyme d’une occupation
qu’il imaginait à l’image de ce que ses soldats faisaient dans les
pays occupés en Chine, en Corée, aux Philippines etc. On lui avait
mis dans la tête que les GIs couperaitent les mains de enfants,
violeraient les femmes, tortureraient les hommes ...
À
Okinawa, des dizaines de femmes, de vieillards se jetèrent du haut
des falaises au-dessus de l’océan pour que leur corps ne soit pas
même souillé post-mortem par l’ennemi détesté.
Dans
ces conditions, un débarquement US sur une des îles principales
aurait tourné au carnage ... et il aurait fallu le renouveler pour
chacune des grandes îles !
Heureusement
les Russes, tenant leur engagement auprès des Occidentaux de
déclarer la guerre au Japon trois mois après la capitulation
allemande, le temps de faire traverser la Sibérie à leur matériel
de guerre, et la trouille d’Hiro-Hito pour sa petite personne ont
évité plusieurs millions de morts supplémentaires.