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Alren 3 juin 2016 12:33
Alren

@tashrin

D’expérience, pour avoir entendu lire des enfants n’ayant suivi que la méthode syllabique, je peux témoigner que le résultat est généralement qu’ils ne prononcent pas correctement le mot écrit.

Par exemple, s’ils voient : « Elle et lui chantent ». Ils vont lire :« El-le et lu-i chan-tant. »

Et ils ne font pas les liaisons : « pas à pas » sera lu :« pa à pa ».

De plus le déchiffrement syllabique freine la vitesse de lecture jusqu’à des classes comme le CE2.

La méthode d’apprentissage de la lecture est trop importante pour les enfants et donc pour le pays entier à l’heure où on demande aux travailleurs d’ingérer par nécessité toujours plus de connaissances, pour que je polémique la-dessus.

Mais il me semble que la méthode consistant à faire deviner un mot à partir d’une image (par exemple « chat » et « rat » puis d’écrire ces deux mots et de demander aux élèves de repérer ce qu’ils ont de commun, les incite à une attitude dynamique davantage que de faire lire fastidieusement "b-a, ba, l-a, la, f-a fa, s-a sa etc.

On peut même avec le « t » qui n’est pas prononcé faire remarquer que les femelles se nomment « chatte » et « rate » ou le « t » devient sonore et se justifie au masculin.

Cette méthode est si efficace qu’on peut l’utiliser en grande section de maternelle et que les enfants la réclame comme un jeu passionnant !

Par ailleurs il se trouve que j’ai la chance de posséder un certain nombre d’écrits d’enfants et d’adultes du peuple, allant des années 1890 à 1944 et je peux dire que ceux-ci étaient bourrés de fautes d’orthographe, vocabulaire et grammaire, ainsi que des erreurs de syntaxes, même sur le cahier d’un élève de 11 ans qui deviendra pourtant "Premier du canton" au Certificat d’études de 1890.

Il faut dire, à la décharge des maîtres et maîtresses de ces époques qu’ils devaient enseigner bien souvent à de classes inhomogènes de trente, quarante, cinquante élèves, que l’école primaire s’arrêtait à 12 ans.

Il est vrai que les textes des étudiants et des lycéens sont très incorrects. Encore faut-il faire une différence entre les élèves de sciences (y compris médecine) et ceux de lettres ou de droit qui sont meilleurs à tous égards.

Mais je pense que l’arrêt de l’apprentissage de la grammaire et de la difficile orthographe est une erreur et qu’il ne serait déshonorant pour personne qu’il soit poursuivi au lycée.

Cela éviterait peut-être à des professionnels de l’écriture que sont les journalistes d’écrire quasi-systématiquement : « Il faut qu’il voit, il faut quej’ai. » (au lieu du subjonctif :« Il faut qu’il voie, il faut que j’aie. », comme on dit : « Il faut qu’il entende. » au lieu de : « Il faut qu’il entend. »)



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