@tashrin
D’expérience, pour
avoir entendu lire des enfants n’ayant suivi que la méthode
syllabique, je peux témoigner que le résultat est généralement
qu’ils ne prononcent pas correctement le mot écrit.
Par exemple, s’ils
voient : « Elle et lui chantent ». Ils vont lire :« El-le et
lu-i chan-tant. »
Et ils ne font pas
les liaisons : « pas à pas » sera lu :« pa à pa ».
De plus le
déchiffrement syllabique freine la vitesse de lecture jusqu’à des
classes comme le CE2.
La méthode
d’apprentissage de la lecture est trop importante pour les enfants et
donc pour le pays entier à l’heure où on demande aux travailleurs
d’ingérer par nécessité toujours plus de connaissances, pour que
je polémique la-dessus.
Mais il me semble
que la méthode consistant à faire deviner un mot à partir d’une
image (par exemple « chat » et « rat » puis d’écrire
ces deux mots et de demander aux élèves de repérer ce qu’ils ont
de commun, les incite à une attitude dynamique davantage que de
faire lire fastidieusement "b-a, ba, l-a, la, f-a fa, s-a sa
etc.
On peut même avec
le « t » qui n’est pas prononcé faire remarquer que les
femelles se nomment « chatte » et « rate » ou le « t »
devient sonore et se justifie au masculin.
Cette méthode est
si efficace qu’on peut l’utiliser en grande section de maternelle et
que les enfants la réclame comme un jeu passionnant !
Par ailleurs il se
trouve que j’ai la chance de posséder un certain nombre d’écrits
d’enfants et d’adultes du peuple, allant des années 1890 à 1944 et
je peux dire que ceux-ci étaient bourrés de fautes d’orthographe,
vocabulaire et grammaire, ainsi que des erreurs de syntaxes, même
sur le cahier d’un élève de 11 ans qui deviendra pourtant "Premier
du canton" au Certificat d’études de 1890.
Il faut dire, à la
décharge des maîtres et maîtresses de ces époques qu’ils devaient
enseigner bien souvent à de classes inhomogènes de trente,
quarante, cinquante élèves, que l’école primaire s’arrêtait à 12
ans.
Il est vrai que les
textes des étudiants et des lycéens sont très incorrects. Encore
faut-il faire une différence entre les élèves de sciences (y
compris médecine) et ceux de lettres ou de droit qui sont meilleurs
à tous égards.
Mais je pense que
l’arrêt de l’apprentissage de la grammaire et de la difficile
orthographe est une erreur et qu’il ne serait déshonorant pour
personne qu’il soit poursuivi au lycée.
Cela éviterait
peut-être à des professionnels de l’écriture que sont les
journalistes d’écrire quasi-systématiquement : « Il faut qu’il
voit, il faut quej’ai. » (au lieu du
subjonctif :« Il faut qu’il voie, il
faut que j’aie. », comme on dit : « Il faut qu’il
entende. » au lieu de : « Il faut qu’il entend. »)