@Fergus
En ligne ou pas, les sondages n’ont jamais aucune valeur, seul le suffrage universel en a une. Enfin, en avait une : il fut un temps où les politocards se torchaient avec leurs programmes électoraux. Désormais, ils se torchent directement avec les bulletins de vote, ça doit être plus doux. Ils auraient tort de se gêner, d’ailleurs, rien ne les obligeant à respecter les mandats qui leur sont confiés, et tout le problème est là.
Amis qui êtes constamment sollicités en période électorale et en éprouvez quelque gêne, suivez ce conseil qui a fait ses preuves : que vous ayez affaire à un LR, un P « S », un PC, un UDI, un FN ou un caniche à poil ras, prononcez les mots magiques : « mandat impératif ». Vous les verrez s’égayer instantanément en poussant des cris de vierges effarouchées, « cépapossible », « cédelutopi » « ah mais oui mais non alors »…
Le test est imparable, et fonctionne à tous les coups. Quelqu’un qui a réellement l’intention d’appliquer le programme soumis au suffrage universel se moque éperdument d’être placé sous mandat impératif, puisqu’il aurait appliqué le programme ratifié par les électeurs, de toutes façons. En période électorale, à chaque fois qu’on me tend un tract, je fais semblant d’approuver globalement mon interlocuteur, et ne pose comme condition à mon suffrage que le mandatement impératif. Et je récolte toujours les mêmes réactions : œil rond (mandat impératif ? Qu’est-ce que ça peut bien être ?), sourire gêné, regard qui fixe instantanément le sol, soudaine envie de pisser, course urgente qui ne saurait attendre…
Récemment, un quelconque salopard élu sous l’étiquette « Front de Gauche » est passé au FN une fois élu, mais, évidemment, sans repasser par la case élections. Et vous savez ce qu’il a répondu à ceux qui s’en étonnaient ou s’en indignaient ? Je cite : « En France, il n’y a pas de mandat impératif »…
Eh oui.