@eugene
En ce qui me concerne, j’ai toujours considéré le sport cycliste comme
un monde à part, et j’ai constitué un solide dossier sur la question du dopage, à partir de l’affaire Delgado (1988).
Je pourrais donc argumenter presque à l’infini, mais je n’en vois pas l’intérêt
et vous non plus j’imagine. Personne de nous deux ne convaincra l’autre, ce
serait donc du temps perdu.
Dans L’honneur des champions (éd. Hoebeke, 2000), Olivier
Dauzat, a résumé en deux paragraphes et sept phrases, le clivage qui
séparent les deux mondes – nos deux mondes - du cyclisme :
« Le cyclisme est un univers mafieux et
grandiose, gangréné dès son origine par une consanguinité vénale avec les
courses de chevaux. Les premiers champions cyclistes portent des maillots de
jockey. On parie sur les courses des vélocipèdes, on arrange, on truque, on
joue des coudes, on avale n’importe quoi pour avancer plus vite.
« Il y a ici
deux morales qui s’affrontent tragiquement. Une morale publique – un terrorisme
angélique qui, brandissant une improbable éthique du sport, s’autorise à placer
des coureurs en garde à vue pour leur fouiller le cul ! Et la morale primitive
du peloton, fondée sur un terreau profondément impur où se mêlent le recours
effréné aux stimulants et à la combine. Déclasser un seul coureur, c’est
déclasser toute l’histoire du sport cycliste. »
Vous, vous
vous alignez sur la « morale publique », ou peut-être pourrait-on
dire sur la morale médiatico-publique, moi, sur la « morale primitive du
peloton », parce que c’est toujours ainsi que j’ai vu le sport cycliste.
La « morale
publique » l’a emporté (en apparence), je n’avais donc plus rien à faire dans l’univers
de Prudhomme et de sa bande, dans laquelle figure en bonne place les médiateux
du « Monde » et de « Libération », qui ont trouvé, dans le vélo,
de quoi ronger un ultime os à morale.
Après
avoir été un vrai fanatique qui organisait son année de travail de façon à ne rien
perdre, télévisuellement parlant, des trois grands tours et de quelques courses
par étapes de moindre importance, je m’en désintéresse complètement. J’ai même
jeté une petite collection d’une quinzaine d’années du mensuel Vélo-Magazine.
Et,
voyez-vous, ce qui plus tard m’a ulcéré, dans l’affaire Armstrong, ce n’est pas que ce « tocard »*,
pour reprendre ce terme déplacé, ait gagné sept tours de France, c’est qu’il
ait fini par se dégonfler, et par demander pardon. On avait passé de la mafia
En partie, parce que j’ai la
conviction, au vu de la progression des moyennes et des performances générales,
que rien n’a vraiment changé et que les victimes des contrôles ne sont pas plus
« malhonnêtes » que les autres, mais simplement plus poissards. Dans ces conditions, autant tirer le nom du vainqueur, d’un chapeau, juste avant le départ de la course.
* Les vrais toquards tiennent deux ou trois ans puis
disparaissent. Le Russe Evgueni Berzin et l’Italien Giorgio Furlan illustrent
bien cette catégorie de coureurs que vous généralisez abusivement.