En Lituanie, où les nazis ont tué plus de 200 000 juifs, les gouvernements conservateurs ont cherché d’effacer de l’histoire les massacres, l’implication du nationalisme et des volontaires lituaniens nazis. Ce n’est pas surprenant que ces massacres aient été réalisés par les lituaniens sur ordre des nazis, comme le nationalisme actuel au pouvoir tente de l’occulter. Ce n’est pas un hasard si le ministre de la Défense Jukneviciene Rasa, lors de sa visite aux États-Unis, a effectué une visite sur la tombe du général Povilas Plechavicius. Plechavicius est arrivé en Lituanie avec les troupes nazies pendant l’Opération Barbarossa et a combattu avec eux contre les guerriers polonais anti-fascistes comme des milliers de nationalistes lettons.
Le président du pays de 2004 à 2009, Valdas Adamkus, a combattu pendant la seconde guerre mondiale contre l’armée soviétique, aux côtés des troupes nazies, et quand la guerre fut finie, il est parti en Allemagne avec sa famille, et il ne s’agit pas d’un cas isolé parmi les politiciens nationalistes. Le Parlement (Seimas) a par ailleurs interdit en juin 2008 les symboles soviétiques et nazis, utilisant cette grossière équivalence entre idéologie fasciste et communisme que Vaclav Havel a introduit dans la Déclaration de Prague. Toutefois, en mai 2010, dans un acte révélateur, le tribunal lituanien a établi que la swastika nazie faisait partie du « patrimoine culturel du pays », pour cette raison elle pouvait être utilisée à la différence de la faucille et du marteau ou d’autres symboles communistes. Étant donné que l’esprit de compréhension pour le nazisme et la persécution du communisme viennent de loin, cela a permis d’ouvrir une brèche au sein des institutions européennes, avec cette passivité de l’Union européenne dénoncée par Efraim Zuroff. Quelques mois auparavant, la Cour européenne des droits de l’Homme a émis un verdict qui repousse la plainte présentée (sept années auparavant !) contre les autorités lituaniennes pour l’arrestation et l’incarcération de dirigeant communistes, comme le docteur Mikolas Burokiavicius, qui fut secrétaire du Parti communiste lituanien, qui a passé onze ans dans les prisons depuis sa condamnation en 1994 pour sa participation aux activités du Parti communiste d’Union soviétique. Depuis 1991, des milliers de militants communistes ont subi une persécution politique. Avec ce verdict, il s’agit d’un véritable outrage fait à la justice, le Tribunal a compté de fait avec la collaboration d’institutions européennes passives, que ce soit l’Union et le Conseil européen, dans la restriction des droits des citoyens en Lituanie.
Cependant, tandis que les autorités tolèrent des manifestations avec des slogans racistes (« La Lituanie pour les lituaniens », évidemment dirigé envers ceux qui ne sont pas « comme eux »), et avec des symboles néo-nazis, la répression fait rage contre les communistes et la gauche. En avril 2011, s’est ouvert le procès contre le président du Front populaire socialiste Paleckis Algirdas, pour « négation de l’agression soviétique contre la Lituanie ». La base du procès était que Paleckis contestait la version officielle des événements de la tour de télévision de Vilnius, le 13 janvier 1991, où sont mortes 14 personnes qui auraient été tuées par les troupes soviétiques dans les mois d’agonie du gouvernement Gorbatchev. Paleckis soutient, avec des preuves et des témoignages de première importance, que le massacre a été une provocation organisée par les nationalistes lituaniens, dont les forces armées (DTP/Département de protection du territoire) ont tiré sur la foule avec l’intention d’en faire porter la responsabilité ensuite par le gouvernement et par l’armée soviétique. Ils ont atteint leurs objectifs. Même si Paleckis a été acquitté en janvier 2012, le Procureur a lancé un appel, ré-ouvrant le procès.
En Lituanie, la dégradation politique du pays a conduit également à
la destitution, en avril 2004, d’un président, Rolandas Paksas, pour ses
liens avec la mafia. En 2009, il est apparu évident que le gouvernement
avait permis la création en 2002 d’une prison secrète de la CIA
nord-américaine dans la banlieue de Vilnius, où ont été torturés des
prisonniers. L’actuelle présidente, Dalia Grybauskaite, n’ « exclut pas
la possibilité » de l’existence de cette prison secrète.
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