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Elliot 11 août 2016 14:11
Elliot

  Entrons dans l’hypothèse audacieuse qui verrait Marine Le Pen accéder à la présidence.

  Jouons donc le jeu des invraisemblances, après tout Michel Houellebecq a bien fait son beurre dans son dernier livre avec une extravagance d’une tout autre nature, un roman de fiction politique qui a provoqué l’effroi simulé ou réel ( ce qui relève d’une pathologie plus grave ) de quelques esprits inquiets.

  En premier lieu, posons-nous la question de l’environnement intellectuel de la candidate ( au-delà de ses propres capacités à elle qui ne sont pas patentes sinon dans la logorrhée répétitive ) ?

  Gouverner, oui mais avec qui ? 

  Un hâbleur comme Maître Collard à la justice ou aux affaires étrangères, Philippot, premier Ministre, on voit d’ici le topo ! Marion Maréchal à la Culture ou plutôt à l’Inculture , un Louis Alliot à l’Intérieur transformé en usine à tartarinades ?

  Oh ! Certes on peut s’attendre à des ralliements de troisièmes couteaux pressés de tâter du maroquin au moins une fois dans leur vie : on a connu ça chez les Verts avec des Placé et Emmanuelle Cosse qui ont choisi de rejoindre les poubelles de l’histoire en passant par la case utilités ministérielles.

  Bref je crois que, connaissant ses limites, Marine Le Pen est suffisamment intelligente ou du moins politicienne pour ne pas souhaiter en son for intérieur un échec qui pourrait lui permettre de se construire un avenir en réorientant une ligne politique qui la conduit de toute évidence dans le mur. 

 Le patriarche cultivait son quant-à-soi idéologique, il n’en démordait pas et savait, le cas échéant, évacuer les importuns par quelques phrases bien senties.

 Marine Le Pen est assise entre deux chaises, elle cultive la xénophobie qui la bloque et l’opportunisme de gauche qui la déconsidère aux yeux d’une partie de son canal électoral historique : moins par plus donne moins.

  Son avènement miraculeux signifierait dans les conditions actuelles la chienlit non pas tellement du fait de la rue mais à cause d’un pouvoir en peine de s’imposer. 

Elle serait rapidement obligée par l’hostilité du vrai suzerain, la finance, et de ses proconsuls, les autres chefs d’état qui la contraindraient à la plus humiliante des acrobaties : faire croire que tout a changé mais se porter garante de l’inchangé. 



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