Communiqué du Syndicat de la magistrature, du Droit Au Logement et du Syndicat des Avocats de France
Paris le 2 novembre 2016
En l’état de la procédure, l’expulsion de la ZAD
de Notre dame des Landes serait illégale
Les occupants de la ZAD de Notre dame des Landes, nous ont alertés des
graves irrégularités dans la procédure d’expulsion, dont ils font
l’objet, irrégularités contraires à plusieurs principes fondamentaux du
droit français et européen.
1 - Le droit à un procès équitable
Une grande part des expulsions ont été ordonnées sur requête,
c’est-à-dire au moyen d’une procédure non contradictoire et non
publique. Les occupants n’ont pas été préalablement convoqués, ni même
informés de cette audience. L’huissier du demandeur a sans doute fait
valoir qu¹il ne lui avait pas été possible de relever l¹identité des
occupants. Pourtant certains habitants de la ZAD se sont fait connaître
auprès de Vinci, délégataire du propriétaire, par courrier recommandé.
Le demandeur ne pouvait donc les ignorer et pourtant il a fait le choix
de ne pas les assigner nominativement devant le tribunal, les privant
ainsi du droit élémentaire de se défendre.
2 Le droit à un recours effectif
Le code de procédure civile ouvre un recours à toute personne à qui une
ordonnance sur requête fait grief. Mais, les occupants de la ZAD qui se
voient refuser la communication des ordonnances d’expulsion, sont privés
de fait, de ce recours, comme de la possibilité de saisir le juge de
l’exécution de demandes de délais pour quitter les lieux.
3- Le droit à la suspension de l’expulsion pendant la trêve hivernale
Si l’expulsion des occupants entrés par « voie de fait », et seulement
la leur , est possible même pendant la trêve hivernale, c’est à la
condition que le juge qui a ordonné l’expulsion l’ait autorisée.
Les médias ont relayé ces derniers jours des annonces de l’expulsion
prochaine des occupants de NDDL, alors que la trêve hivernale a débuté
depuis le 1er novembre. Or, les décisions dont nous avons pris
connaissance n’autorisent pas l’expulsion pendant cette trêve. C’est
donc à la violation
d’une décision de justice que le Préfet qui accepterait de prêter le
concours de la force public, se livrerait.
Nous rappelons que dans un Etat de droit, il appartient aux autorités de
s’assurer de la mise en oeuvre d’une procédure régulière respectant la
loi et les droits des occupants.
Syndicat de la magistrature - Droit Au Logement - Syndicat des Avocats
de France