@ l’auteur : « A chaque époque correspond sa classe dirigeante. Quand une classe dirigeante devient obsolète, une nouvelle la remplace. »
Le problème pour les masses populaires c’est qu’à chaque époque et dans tous les cas c’est une classe possédante qui remplace l’ancienne classe dirigeante devenue obsolète... et qu’elle devient à son tour la nouvelle classe exploiteuse... Lorsque la Bourgeoisie a pris le pouvoir ses richesses accumulées valaient largement celles de la plus grande partie de la noblesse. Noblesse et monarchie de Droit divin qui brimaient son expansion par leurs lois et règlements, leurs possessions etc. Ainsi elle s’en est débarrassée en se servant du « peuple » qui n’a pas vu, (à l’exception de quelques-uns dont Gracchus Babeuf et ses partisans) que dans les plis du drapeau Bleu, Blanc, Rouge se dissimulait cette nouvelle classe exploiteuse.
Donner le pouvoir au « peuple » ce qui signifie donner le pouvoir à une classe de non possédants est une autre affaire. On l’a bien vu dans les suites de toutes les Révolutions socialistes où la « dictature du Prolétariat » était tout aussi fictive que la démocratie de la Liberté, de l’Égalité et de la Fraternité en régime capitaliste...
Dans les deux cas, Révolution bourgeoise ou Révolution socialiste, une nouvelle classe s’emparait du pouvoir à son profit exclusif... Bourgeoisie ou Nomenklatura, composées toutes deux d’intellectuels et d’experts de tous ordres entendant bien diriger la société à leur profit exclusif tout en ne laissant que des miettes au « peuple » travailleur et s’asseyant toutes deux sur l’égalité promise.
Mettre en pratique les ressorts qui permettront une vraie démocratie reposant sur le partage des richesses, le partage du temps de travail et l’égalité sociale entre toutes et tous n’est pas une mince affaire. L’étape de l’expropriation des capitalistes n’étant pas suffisante en soi pour se prémunir de l’irruption de ce que Djilas appelait « la nouvelle classe » dans les processus révolutionnaires...