Les médias
grignotent pour le moment l’infect bonbon de la primaire socialiste
et apparentés : ils imposent l’actualité tout en ouvrant de
temps en temps la fenêtre sur les pérégrinations du champion de
la Droite, Fillon, les éternuements de Marine ou les digressions
savantes quoique obscures d’Emmanuel Macron, nouvelle figure emblématuque de la Droite de gauche ou de Gauche de droite..
Il n’y a plus de place dans la pièce pour Mélenchon et tous les autres de
moindre importance sinon de moindre qualité.
Dès lors que les
formes traditionnelles de l’exposition médiatique lui sont
chichement mesurées, Mélenchon a investi dans ces nouveaux supports
d’expression que la toile offre à profusion et si l’on en juge à
la fréquentation de ses rassemblements, il ne les maîtrise pas trop
mal, faisant régulièrement salle comble, voire plus que comble.
Valls a réalisé
hier une audience très moyenne sur Fr 2, moins de 2 millions de
téléspectateurs ont été intéressés par l’étalage peu convaincant de ses
acrobaties verbales pour faire passer en somme ce message subliminal
que l’on peut faire du neuf avec du vieux et qu’avec le temps
les échecs prendront le parfum des victoires.
En l’occurrence,
les médias organisent les devenus traditionnels jeux du cirque, en
font la réclame tapageuse et parviennent à traiter d’importance
des événements qui n’ont en somme qu’un intérêt relatif,
telles les primaires de la gauche dont le vainqueur sera au mieux
appelé à se couvrir la tête de cendres au soir du premier tour des
Présidentielles car aucun des protagonistes n’est réellement
irresponsable de ce lamentable capharnaüm que fut ce quinquennat
sous tutelle ploutocrate.
On ne s’étonnera
donc pas que des débats oiseux où le verbe contredit la pratique,
où les bonnes intentions s’embourbent dans l’écheveau des
réalités qui en dénoncent le côté factice, ne suscitent guère
l’audience populaire.
En outre si, comme on peut le suspecter,
la seule ambition des têtes d’affiche de ces primaires est de
faire à terme main basse sur le PS, on peut se demander par quel
miracle un Montebourg ou un Hamon mangeraient subitement leur chapeau
pour s’associer à l’entreprise de démolition/reconstruction de
Valls : la réciproque étant d’ailleurs tout aussi valable.
Je pense que
Mélenchon sait qu’il ne lui sera pas possible d’accéder à la
magistrature suprême ; il lui faudrait d’abord retrouver
l’audience de cette partie de l’électorat populaire qui est
englué dans la fange frontiste et c’est une tâche de longue
haleine dont l’issue est loin d’être garantie.
Mais reconstruire un
pôle à Gauche sur des lignes idéologiques claires est possible sur
les débris du PS.
Que l’on voit mal résister aux forces
centrifuges qui non seulement le laminent en termes électoraux mais
vont éparpiller façon puzzle les nouveaux ennemis issus des primaires.