Que Hamon le veuille
ou pas, qu’il essaye de se défausser ou pas, il est tributaire de
l’appréciation négative par le peuple de Gauche de la gouvernance
socialiste.
Mélenchon ne peut
être accusé d’avoir peu ou prou collaboré avec le régime mis en
place ou plutôt continué par Hollande.
Il a dès le début
mis en garde contre les illusions du hollandisme dont il a
toujours dit tout le mal qu’il en pensait et le moins qu’on
puisse dire est qu’à l’échéance on ne peut dire qu’il ait eu
tort dans ses analyses.
A côté de cela, on
a bien Hamon qui a pris ses distances mais sans jamais aller jusqu’à
la nécessaire rupture ; il a certes un programme qui tranchait
avec celui de Valls mais le fait est qu’il manque de crédibilité
pour le porter jusqu’à la victoire.
Les promesses de
Hollande ont vocation à rester des promesses dans celui de Hamon car
les gens qui pourraient s’y retrouver sont échaudés par le PS.
Mélenchon n’a
aucune raison de se sacrifier pour une illusion de programme auquel
personne dans son camp n’adhère vraiment et en tout cas pas au point d’oublier le risque que
ceux qui le portent côté socialiste soient déjà occupés à
l’édulcorer pour essayer de ramener dans le giron de Hamon les rares troupes qui pourraient abandonner Macron.
La candidature de
Hamon apparaît comme une candidature de diversion visant à
restaurer l’image d’un parti perverti par des décennies de
trahisons successives et il est donc vu par les mélenchonistes comme
une manœuvre.
L’appareil du
parti socialiste n’accepterait d’ailleurs pas que le candidat PS
se désistât au profit de Mélenchon même dans l’hypothèse
où les sondages de Hamon prendrait un tour catastrophique.
Et de toute manière
ceux qui veulent faire barrage aux diverses expressions de la Droite
et qui se limitent à cet objectif ont un candidat idéal qui allie
le social-libéralisme économique au libéralisme philosophique :
Emmanuel Macron qui se sent pousser des ailes depuis le coup de froid
de la campagne fillonesque.
Les autres, ceux qui
veulent un programme de rupture se compteront derrière Mélenchon et
je ne vois pas d’avenir à un PS même rénové par Hamon si tant est
qu’il ne paie très cher son échec prévisible aux présidentielles.