"Les
canalisations, les rues, les immeubles, l’eau courante,
l’électricité, l’éducation, la laïcité, la plantation de
vignobles par les alsaciens émigrés au Maghreb suite à la perte de
l’Alsace-Lorraine ?..."
Ce paragraphe résume bien les raisons de ces investissements dont
les intentions n’étaient qu’accessoirement civilisatrices
comme la propagande essayait d’en persuader la métropole mais qui étaient essentiellement engagés pour favoriser les conditions d’implantation
des colonies de peuplement.
C’est vrai aussi que seule la rapidité avec laquelle les
événements se sont enclenchés à empêché en Algérie la mise en œuvre d’une
politique de la terre brûlée organisée par ceux-là qui devaient
abandonner leurs supposés privilèges.
On comprend aussi que ceux qui en étaient exclus ou qui ne
pouvaient en profiter que de manière très marginale voire
incidente, les « indigènes » se soient révoltés
contre la présence coloniale qui ne leur octroyait que les miettes
du festin mis en place pour les colons.
Mais c’est vrai aussi que ceux qui déclamaient à gorge déployée
les Droits de l’homme et du citoyen – tout en se gardant de les
appliquer en Algérie – ont ainsi déposé dans les couches les
plus éveillées de la population locale les ferments de
l’émancipation.
Macron l’a reconnu comme il a eu raison de souligner le caractère
infâme de toute entreprise qui vise à déposséder un peuple de ses
terres pour les offrir à des intrus.
Même s’il est exact de dire qu’en Algérie tous les
« implantés » n’étaient pas des possédants et que
certains étaient tout autant exploités par les outils
d’exploitation capitaliste au profit de la métropole, il n’en
est pas moins vrai qu’ils acceptaient la division entre pauvres
blancs et indigènes plus misérables encore et qu’ils se mettaient
majoritairement du côté des exploiteurs.
C’est un peu la
recette qui fait entre autres calembredaines le succès du FN au seul
profit de ceux qui s’en mettent plein les poches et apprécient que
les exploités se déchirent entre eux en oubliant que la seule
identité qui vaille est celle qui les rassemble, celle d’être des
laissés pour compte du système que ce parti en trompe l’œil
feint de combattre.