@Durand
Merci pour votre remarque.
Avec un euro vous pouvez payer en France ou en Belgique pour acheter une baguette, par contre ce n’est pas possible avec 650 FCFA sénégalais d’acheter une baguette au Mali.
La naissance du « franc » français remonte au 5 décembre 1360, à Compiègne. Le roi Jean II le Bon (c’est-à -dire le brave) est fait prisonnier à la bataille de Poitiers. Il subi une très longue captivité en Angleterre et son geôlier, le roi anglais Edouard III lui a réclamé une rançon d’environ trois millions de livres tournois (12,5 tonnes d’or). Jean II le Bon est obligé de « vendre » sa fille à un riche duc de Milan, Galéas Visconti, contre 600 000 livres. Avec cette somme, il est libéré avec 400 000 livres et s’engage à payer le reste. Et c’est sur le chemin de retour à Compiègne qu’il prend des ordonnances dont celle de la création du « franc » pour commémorer sa libération car dans le vieux français, être franc de quelque chose, ça veut dire être libérer de quelque chose.
La souveraineté est le droit exclusif d’exercer l’autorité politique sur une zone géographique ou un groupe de peuples.
La souveraineté est la qualité de l’Etat de n’être obligé ou déterminé que par sa propre volonté dans les limites du principe supérieur du droit et conformément au but collectif qu’il est appelé à réaliser. Dans presque tous les Etats, la souveraineté s’exerce au minimum dans les domaines suivants :
⦁ La sécurité extérieure : la diplomatie et la défense nationale
⦁ La sécurité intérieure : la police, la loi
⦁ La justice
⦁ Les finances : la monnaie, la collecte des impôts et le contrôle des marchés financiers.
A l’origine le « souverain » est une monnaie anglaise (pas un roi). Le « souverain » est une monnaie d’or anglaise qui a été frappée pour la première fois en 1489 par Henry VII d’Angleterre. Bien que la pièce ait une valeur nominale d’une livre sterling ou 20 shillings, le souverain était à l’origine une monnaie sur laquelle ne figurait aucune marque de valeur. La souveraineté est le pouvoir de battre (frapper) « le souverain » (monnaie de l’époque). Or seul le roi avait ce pouvoir de battre monnaie, d’où le parallélisme entre souverain et roi.
Le pouvoir de battre monnaie a toujours été reconnu comme attribut de la souveraineté nationale.
Selon Blanc Jérôme (2005), on doit d’abord comprendre que la monnaie en elle-même n’est pas une marque de la souveraineté : le propre de la souveraineté est le pouvoir de modifier le cours légal et le contenu métallique des pièces. Mais si cette manipulation relève de la puissance de la loi, qui est celle du souverain, seul le droit de battre monnaie est de la même nature que la loi .
« La monnaie renvoie au prince et plus généralement à une organisation politique de la société [...] La monnaie est inséparable d’un ordre ou d’un pouvoir. A tout système monétaire est assignée une limite, qui est celle de l’acceptation des moyens de paiement. L’aire d’extension du système de paiement se confond avec celle de la souveraineté de l’institution qui émet la monnaie légale. Monnaie et souveraineté sont donc étroitement liées ».
En définitive, la monnaie fait partie de l’identité d’un pays, le franc CFA, lui est une monnaie étrange imposée de l’étranger, elle n’est donc pas une monnaie des 14 pays africains qui doivent l’utiliser.