Parcourant la Sarthe sur mon vieux vélo usé par tant de kilomètres parcourus, en ces terres d’histoires, mes jambes ne me suivaient plus. C’est avec grand espoir que je découvris, à l’orée du crépuscule, la demeure ancestrale du châtelain dont, l’histoire parlée et le destin tragique, s’étaient endormis dans ce linceul de pierre. Je frappai à la porte, attendis qu’on m’ouvrit et, entra dans cette salle inondée d’ombres qui tressaillaient au jeu mobile des flammes de l’âtre, je découvris, le maître des lieux qui me dit,« Asseyez-vous, buvez, mangez, je vais vous raconter »
Homélie féodale
Dans
une tour carrée de pierre
Vit
et survit un Seigneur,
Maître
et Dieu sur ses terres
Mais
solitaire en son cœur.
La
douce chaleur de l’âtre
Ne
réchauffe plus son corps,
Le
froid envahit son âme,
L’obscur
le mine de remords.
Dans
les douves de son esprit
Surgissent
tant de souvenirs,
Qu’il
trouve sa mie en la nuit
Et
se refuse à dormir.
Il
repense à sa jeunesse,
Aux
hobereaux indomptables
Qui
fondaient avec hardiesse
Sur
leurs proies comme des tombeaux.
Il
se souvient des Merveilles
Nées
des Pays d’Orient,
Des
dunes de sable vermeil
Qui
rejoignent le firmament.
Fallait-il
qu’il se rappelle,
Écœure par cette violence,
De spirituelle
D’hommes
en éternelles errances.
Maintenant
dans sa tristesse
Il
songe à l’enfant perdu,
A
son regard de noblesse,
Fruit
d’un Amour défendu.
Dans
une tour carrée de guerre
Vit
et vieillit un Seigneur,
Maître
et Dieu sur ses terres
Et
solitaire dans sa peur.