Bonjour Olivier,
Je te lis, puis j’imagine le gus né avant la révolution française dans un monde encore majoritairement paysan, te lire, voir les photos qui illustrent ton article...
je ne sais pas s’il rirait ou pleurerait (sans doute les deux) en découvrant que ses petits fillots et fillotes, ACHETENT (déjà ne peuvent plus cultiver eux même sauf privilégiés, le monde à l’envers quoi), leurs légumes et qu’ils doivent débourser une bonne partie de leurs revenus pour avoir de la nourriture NORMALE soit naturelle....qui est donc devenue un produit de luxe, qu’on appele BIO (un comble !)
Il s’étonnerait aussi sans doute que routes, champs, chemins de campagnes soient recouverts d’une espèce de carapace qui grignote tout l’espace (et à mon humble avis a quelque chose à voir avec l’augmentation des températures globales) bien qu’il soit familier avec les routes et rues pavées..
Que ceux ci veuillent se baigner et traverse la france pour certains afin de se baigner... près des égoûts et donc dans les déjections des autres et que le tas de fumier -engrais- régal des poules- ait été interdit pour des raisons... d’ordre sanitaire..
oui, là je pense que l’ancêtre il se roulerait pas terre de rire de nous savoir si couillons...
Planté droit dans ses sabots (pas fabriqués en plastique fluo à l’autre bout du monde par des petits chinois mais l’hiver devant la cheminée dans une vieille souche) dans sa cuisine chaulée (quoi du gris perle c’est tendance ?) avec sa cuisinière à bois, ses chaises paillées, son matelas de crin, et ses draps de lin, les poules qui parfois vagabondent sur le sol de terre battu....son linge du dimanche ..
Toutes possessions - sauf les poules bien entendu ;) - tenant largement dans un coffre...avé le vieux missel de famille, le crucifix seule chose que l’on accrochait au mur hormis les bébés et le lard et l’ail.... ;)
Tchernobyl, il comprendrait pas, l’ancêtre, comment on peut etre aussi con pour utiliser une énergie qu’on ne maitrise pas, idem ces voitures sans chevaux, puantes et dangereuses, simplement pour aller travailler plus loin tout en « gagnant du temps ».... un paradoxe quoi...parcequ’à à ce défi « gagner du temps » on est toujours perdants en fin de compte...
Lui son plaisir c’est d’aller aux écrevisses à la rivière (ou plutot ruisseau) qui bordent son champ, ou de récolter d’imenses champignons près des bouses de ses vaches après l’averse, le dimanche après la messe (enfin la messe pour la femme et le café pour lui) tandis que le curé rappele maman à ses devoirs de bonne épouse bonne mère et les bordilles de moufflets à l’obéissance...
il a raté sa vie, diront certains, cinquantes balais, pas de rolex.... juste les heures qui sonnent au clocher non loin, un oeil aussi sur la hauteur du soleil dans le ciel qui lui sert aussi de repère...
le silence, entrecoupé par le bruit des faux à la moisson, le sabot d’un cheval qui passe tirant la charette, le chant d’un oiseau, le bruissement de la rivière dans laquelle on a mit à rafraichir le vin coupé d’eau pour le repas de midi..
accompagné d’une petite sieste au pied d’un arbre... parce que ces nuages là, ce ne sont pas des nuages de pluie, et qu’il fait bien chaud sous ce ciel sans avions et que grace à tous ces bras amis et familiaux, l’herbe commence déjà à sècher en meules... que l’on rentrera plus tard pour l’hiver...pendant lequel on reparera ce qui doit l’être
en attendant les semailles...
Mais voilà, il fallait le frigo, la machine à laver, les rideaux, et canapés, la radio et la télé, le tabac (pas du dimanche, de tous les jours), les verres en couleur, les assiettes en porcelaine, la nappe en plastique, le « linoléum » puis l’aspirateur et la serpillère pour nettoyer le truc...le produit vaisselle qui dégraisse tout, la lessive en poudre, la cire à linoléum, le sent bon pour les chiottes à l’intérieur, la douche chaude, et les déodorants à l’alu, les collants en synthétique qui filent et ne durent que l’espace d’un instant, les couches à jeter, les mouchoirs à jeter, les rasoirs à jeter, les conjoints à jeter..
car inévitablement...
et va lui expliquer à l’ancêtre que tout ca, on apppelera ca le progrès....