Certes l’école ne
peut pas facilement donner le goût de la lecture aux enfants quand les parents eux-mêmes
sont plus occupés à ingurgiter de la Variété ou des émissions
voyeuristes à la TV qu’à lire ne serait-ce que leur journal.
Sans compter avec les gadgets électroniques de toute nature où s’encalmine leur volonté d’apprendre.
La décrue de l’audience de la presse papier n’est pas non plus anodine dans le
diagnostic de la crise de la langue.
Je me souviens que, dans mon adolescence au lycée, on lisait à haute et
« intelligible » voix des textes littéraires,
certains élèves déclamaient, d’autres ânonnaient mais la plupart des
élèves savaient lire en donnant cette intonation qui faisait que l’on
voyait qu’ils comprenaient ce qu’ils disaient.
C’était le
meilleur exercice possible à la fois pour attester la saisie du sens du texte et pour déceler tout de suite ceux qui avaient des
difficultés de compréhension.
On pouvait donc les
aider par des exercices pédagogiques adaptés, discipliner leur cerveau au rythme de la phrase et à son sens.
Il faut dire aussi
que l’enseignement des Humanités n’était pas à
l’époque la filière la plus fréquentée, un certain nombre
d’élèves entraient en apprentissage après le certificat d’études
( s’ils l’obtenaient ) et pour les autres l’enseignement technique débouchait aussi sur un métier en période de plein emploi.
Aujourd’hui non
seulement on ne lit plus dans beaucoup de maisons mais fait-on encore
des exercices déclamatoires à l’école ?
Ajoutons que
l’instituteur d’avant toutes les réformes de l’enseignement
était en général compétent, le diplôme n’étant pas vendu à la
criée et comme nombre de lecteurs je dois cet amour des
lettres à l’enseignement de mon instituteur d’abord, de mes
professeurs de lettres et de langues classiques ensuite.
Aujourd’hui, c’est
triste à dire mais chacun connaît des exemples, les formateurs ont
parfois des connaissances lacunaires de la langue qui devrait servir de
véhicule à leur mission.
C’est d’ailleurs un constat
assez général dans la société où on est presque forcé de béer
d’admiration quand on se trouve face à un lettré a fortiori quand
il devient président de la République.
D’année en années, les constats se ressemblent et la solution se fait attendre.