Dieu existe, c’est l’ecrivain ! Il a été touché par la grâce, mais pas par la modestie, qui n’est pas divine et hors chromosomes de l’artiste, il a les yeux de Chimène pour lui et le mépris du curé pour le païen du village. Lui atteint les sommets tout en touchant le fond. Lui est le Berger des moutons, tout en ayant eu des dizaines à dresser pendant plus de trente ans.Lui pense détenir la substantifique moelle de la littérature tout en ne touchant que l’os de la platitude, de l’approximation, de la grandiloquente phrase qui, tombant dans les lieux d’aisance que sont ses lieux communs, ne font que resituer le divin élu au désert de talent qui l’entoure, et le laisse courir vers l’oasis de la pensée à travers quelque mirage trompeur, qui l’éloigne inexorablement du Graal du talent littéraire. Il est des leçons que la vie réserve à celui qui croyait et qui découvre l’infini qui le sépare de la lumière, mais c’est sans compter sur la force aveugle de l’amour de soi, et de l’autosatisfaction, qui vous font considérer vos semblables comme une simple et vulgaire accumulation de cellules tout juste viables.Il n’est pas envisageable que l’écrivain puisse se fourvoyer sur l’immensité de son talent, le troupeau bêlant n’étant pas, intellectuellement, en mesure de juger du don divin, et c’est faire œuvre de salut public que de le lui dire. Merci, donc, de nous rappeler où se délecter de la littérature citoyenne, suffisamment vulgarisée pour être assimilée par le vulgus pécum.