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Surya 17 avril 2018 17:47
Surya

Personnellement, je suis assez partagée sur la question. 


D’un côté, ces mesures règlementaires ne me choquent pas dans la mesure où, au départ en tout cas, elles partaient d’une bonne intention, celle d’éviter les abus (et je suppose qu’il y a du y en avoir pas mal). 
De plus, ces locations saisonnières, si en effet elles deviennent trop nombreuses dans un même périmètre (disons un quartier à haute valeur touristique d’une ville comme Paris) tuent la vie de quartier et la convivialité : vous ne connaissez plus vos voisins puisqu’ils changent tout le temps. Paris, quand j’étais môme, c’était dans mon quartier un village où tout le monde ou presque se connaissait. Si vous demandiez à la boulangère de mettre une annonce pour faire garder les enfants, elle mettait l’annonce avec votre adresse et votre étage, porte droite ou porte gauche, parce qu’elle savait qui vous étiez et où vous habitiez. Je ne dis pas que cette atmosphère n’existe plus nulle part à Paris, mais ça se perd de plus en plus, et c’est clair que les locations saisonnières n’arrangent pas les choses. 
Quelqu’un qui possède quelque chose qu’on nomme communément une « résidence secondaire », s’il la loue en meublé touristique la majeure partie de l’année, pour moi ce n’est plus une « résidence secondaire », c’est en effet un local professionnel réservé à la location. Donc le changement d’usage ne me choque absolument pas, je trouve ça tout à fait normal. 

En ce qui concerne les gens qui grugent les impôts, il est évident que ce n’est pas les gens qui se déclarent qui vont aller gruger les impôts, c’est ceux qui sont dans l’illégalité. Donc, considérer que le principe même de louer en touristique consiste à vouloir gruger les impôts, en gros que les gens le font dans ce but, est selon moi une erreur. Les gens le font parce que ça rapporte plein d’argent, et surtout, je pense, parce qu’ils ne prennent aucun risque face aux personnes à qui ils louent : pas de risque que la personne jette l’ancre sans jamais payer son loyer par exemple. 

D’un autre côté, le principe même de ne pas autoriser les gens à disposer librement de leur propriété privée, c’est à dire une chose qu’ils ont payé de leur poche, pour laquelle ils ont un « titre » de propriété, me choque. Vous n’êtes en effet jamais réellement propriétaire de votre appartement, puisque vous n’avez pas le droit d’en faire ce que vous voulez. Même pas votre résidence principale ! Il y a même des gens en France qui sont contre le principe de la propriété et qui veulent exproprier tous les propriétaires. Je suis prête à parier que le jour où on leur donne un million d’euros pour s’acheter un superbe appartement, tiens, comme par hasard, ils vont changer d’avis sur la question... Sinon, personne ne jouerait au loto en espérant devenir riche un jour.

Autre chose qui me choque (j’ai lu l’article que vous avez mis en lien), c’est cette règle de compensation du mètre carré. En gros, sur Paris, vous louez en touristique votre résidence dite « secondaire », vous devez compenser en proposant le même nombre de mêtres carrés en location normale. Autrement dit, la location touristique est parfaitement autorisée à Paris... pour peu que vous soyez déjà riches et que, donc, vous ayiez les moyens d’avoir un DEUXIEME local aussi grand, voire plus grand, que vous mettez en location. Donc en gros, c’est autorisé pour les gros investisseurs qui se font un paquet de pognon, pas pour des gens plus modestes (mais qui ont tout de même une résidence secondaire) qui pourraient décider, tout simplement, parce qu’ils sont soudainement au chômage par exemple, de louer en touristique. Imaginez quelqu’un qui a bossé toute sa vie, s’est payé une résidence secondaire, se retrouve au chômage à 50 ans par exemple, et ne retrouve pas de boulot, eh bien lui il ne peut pas se faire d’argent en louant sa résidence secondaire, ou alors dans des conditions draconniennes. 
Le gros investisseur (qui lui, en plus, a les moyens de se payer des avocats pour tournicoter la loi et éviter de payer des impôts en toute légalité), lui, il a parfaitement le droit de louer en meublé touristique. Acheter un deuxième local pour le transformer en location normale ? Peuh, une misérable goutte d’eau dans l’épaisseur de son portefeuille, et en plus grâce à ça, il se fera encore plus de fric. 

C’est comme quand les impôts harcèlent un pauvre mec qui leur doit trois euros cinquante, et que le système « autorise » des grosses entreprises à ne pas payer leurs impôts dans le pays dans lequel elles vendent leur marchandise parce qu’elles sont (légalement) basées au Luxembourg ou je ne sais où, et que personne ne peut rien faire, ou pas grand chose, parce qu’ils ont tous les avocats du monde à leur disposition. C’est toujours les « petites gens » qui trinquent le plus.

Au départ c’était donc une bonne intention, que j’approuve sur le principe, mais s’il est parfaitement normal de vouloir sanctionner les abus et les arnaques, ce n’est pas une raison pour mettre en place un système totalitaire à la place, qui en plus profite aux plus riches !! C’est totalement contre productif !!

Maintenant, c’est clair que s’il y a une loi, Airbnb doit la respecter, personne n’est au dessus des lois, et ils n’ont pas à truander et continer à publier leurs annonces sans ce numéro d’enregistrement obligatoire. 



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