@Emile Mourey
Quand, au milieu du Ier siècle
av. J.-C., César a atteint le Rhin, il a décrété que ce fleuve était la
frontière entre Gallia et Germania, espace purement géographique défini à des
fins militaires de mise en place de fortifications et pas du tout administratif.
Cette Gaule était un territoire morcelé entre de nombreux peuples semi-nomades
de culture plutôt celtique mais parfois germaine, et César lui-même parlait de
la guerre des Gaules.
Jusqu’à la chute de l’Empire romain
d’Occident, la Gaule est restée une fiction géographique pratique pour situer
une région, comme on dit « Europe » aujourd’hui, ce qui n’est pas
équivalent d’ »Union Européenne ».
Au IVe siècle ap. J.-C., aucune
entité administrative de l’Empire ne portait ce nom. Les grandes migrations de
peuples venus de l’est et du nord, qui ont contribué à la disparition de l’empire
romain, ont fait naître de nouvelles configurations aux limites flottantes, les
royaumes dits « romano-barbares » comme la Burgondie, l’Aquitaine des
Visigoths, l’Allemanie, l’Austrasie…
Au début du VIe siècle, les Francs venus
de l’est ont réussi grâce aux succès militaires de Clovis, petit roi de Tournai
soutenu par l’Église, à imposer leur domination sur la plupart des autres
royaumes.
L’histoire des conflits et des
partages ultérieurs du grand royaume des Francs est complexe et mouvante. L’idée
d’un enchaînement d’une histoire « de France » se déroulant des
Gaulois aux rois capétiens est fausse, et l’idée d’une unité gauloise concernat
un peuple ou un territoire est fausse également.