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Jean d’Hôtaux 22 février 2019 23:07
Jean d'Hôtaux

@amiaplacidus

Bonsoir !

Les textes législatifs sont effectivement tous traduits dans les trois principales langues nationales (allemand, français et italien). Pour le romanche, c’est un peu plus restrictif. Il est utilisé dans les relations entre le gouvernement fédéral (Conseil fédéral) et la population rhéto-romanche.

Les débats parlementaires sont traduits simultanément dans les trois principales langues nationales, mais dans une seule des deux chambres du Parlement, au « Conseil national » (l’équivalent de l’Assemblée nationale en France) qui comprend 200 membres représentant le Peuple.
Tel n’est pas le cas pour l’autre chambre, le « Conseil des États » qui représente les cantons, à raison de 2 représentants par canton. L’effectif de cette chambre est de 46. Il n’y a pas de traduction simultanée au « Conseil des États », chacun étant censé comprendre la langue de l’autre.

Concernant le bénéfice de 3 milliards de CHF dont vous parlez, c’est exact :
" En 2018, la Confédération a enregistré un excédent se chiffrant à 2,9 milliards de francs, alors qu’un montant de 295 millions avait été inscrit au budget.

«  Voir ici.
Et ici pour l’ensemble des finances publiques (Confédération, cantons et communes).

Concernant le »RIC« en France, mon propos n’est pas de prendre position dans un débat franco-français, mais de rappeler simplement que la pratique de la démocratie semi-directe s’exerce en Suisse sans interruption depuis 1848, sans problème particulier.
Il faut tout de même rappeler que les modèles institutionnels de la France et de la Suisse sont diamétralement opposés. Cette différence s’explique essentiellement par l’histoire des deux pays, plus que par leurs tailles respectives.

En France nous avons un système très centralisé où les départements et régions ne sont que des circonscriptions administratives dotées de peu de compétences décisionnelles et de ressources budgétaires limitées.
En Suisse, un système fédéral où les cantons sont de véritables petits états qui ont délégué un partie de leurs pouvoirs à la Confédération (l’État fédéral), selon le principe de la »subsidiarité« . Chaque canton est doté de sa propre Constitution, de son propre gouvernent et de son propre Parlement (monocaméral). Le pouvoir des cantons est très étendu (système scolaire, police, fiscalité, santé, etc.).

Pour conclure avec le »RIC« , je dirais que la Suisse n’a pas vocation à servir de modèle à la France. Toutefois et sous réserve d’aménagements constitutionnels, je ne vois pas pourquoi le »RIC" serait inapplicable en France, alors qu’il se pratique sans problème en Suisse depuis bientôt 200 ans. Les Français seraient-ils moins éclairés que les Suisses ? Pour ma part, je ne le pense pas ...

Cette forme de démocratie responsabilise beaucoup les citoyens en les associant aux décisions. Les nombreuses consultations électorales, à raison de quatre par année, provoquent des débats dans les médias, débats au cours desquels les idées et opinions de chacun sont confrontées, pour le plus grand bien de l’émulation civique.



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