Les années 1990 ont été une
décennie très particulière qui a vu se développer une globalisation du
libéralisme baptisée « démocratie mondiale », soutenue y compris à
gauche. C’est dans ce cadre que la théorie de la fin de l’Histoire s’est
développée. Or, l’Histoire ne s’arrête pas, les faits continuent. Il pouvait
vouloir dire que ce qui se finissait, c’était l’idée d’une Histoire hégélienne,
avec une direction. L’Histoire allant dans le sens d’un progrès, d’un avenir,
était terminée, et laissait place à une vision cyclique. Les pouvoirs se succéderaient
selon les rapports de sens, sans qu’il y ait un sens général.
Cette idéologie est une tendance lourde
dans la culture étasunienne qui a tendance à raconter l’Histoire du monde d’un
point de vue impérial, pour voir comment se maintenir dans le monde
multilatéral tel qu’il est.
Avec Trump, on est passé d’une
phase offensive de la « démocratie » à une phase défensive, avec en
arrière-plan une interrogation : comment gérer l’ordre politique multipolaire
en restant leader ?
« America first » !