@Paul Leleu
effectivement, vouloir un « désintéressement » est plus que vouloir une absence de corruption ; et vouloir pénaliser un manque de désintéressement reviendrait à vouloir obliger à la vertu ...
or, le risque d’une sanction ne fait que remplacer l’absence de vertu par une peur, et rend du coup, la vertu impossible !
C’est ballot, mais c’est bien pour cela que la liberté est primordiale en démocratie. Sans la liberté de fauter, la vertu n’existe pas.
Sans la liberté de refuser le « Contrat social », il n’y a pas du tout de contrat !
Sans la liberté de s’abstenir, ou de ne pas veauter, il n’y pas de choix, donc pas de vote !
Le mot « anarchiste » ayant plusieurs acceptions, difficile de deviner quel sens vous lui attribuez ...
Par contre, vous semblez avoir une vision étriquée de la « révolution ». Là encore le mot prête à confusion, mais si l’on veut bien y voir une perspective d’Evolution (sans point de retour exact à un état antérieur) force est de constater que l’Histoire nous enseigne qu’il y a bel et bien eu un avant et un après JC, un avant et un après 1789, un avant et un après 68, etc..
Les mantras pessimistes n’y peuvent rien changer.
De « nouveaux maîtres » ont certes pu apparaître plus tard, mais les inquisiteurs de l’Eglise n’ont pas exactement « remplacé » Jules César et les empereurs romains ou les marchands du temple ... les économicistes sans noblesse actuels n’ont pas exactement « remplacé » la Noblesse et le Clergé, ... les ’accords de Grenelle’ n’ont pas exactement ’remplacé’ la subordination au ’travail’ préexistante ....
C’est bien parce qu’ils ne « croient » pas au paradis sur terre, mais parce qu’ils osent tout de même tenter quelque chose que de vrais démocrates (et non point « anarchistes ») osent se servir de leur propre entendement (’sapere aude’ ! plutôt qu’un pessimisme démissionnaire qui jette le manche après la cognée) pour qu’un « chacun s’unissant à tous » (sans chef incarneur !) leur permette de rester « aussi libres qu’auparavant » !
La culture ne se décrète pas, elle ne peut qu’émaner de consensus librement reconnus. Elle est moins le fruit d’un effort de conformité que d’efforts, certes conséquents, mais motivés par une convergence librement trouvée et reconnue.