Tout le monde s’inquiète du contrôle que Mark Zuckerberg exercera
ou non sur Libra, mais il faudrait plutôt s’inquiéter d’un crypto Cambridge
Analytica.
Libra étant censé permettre d’acheter et d’envoyer de
l’argent à l’étranger avec des frais de transaction quasi nuls, les critiques
ont aussitôt mis en avant des dangers de centralisation du contrôle de l’argent
entre les mains d’une entreprise n’assurant déjà pas la protection de la vie
privée ni de la sécurité de ses utilisateurs. Or ce nouveau service est une
cible géante. pour les pirates.
Il est prévu que la Blockchain Libra soit ouverte à tous :
tout consommateur, développeur ou entreprise pourrait utiliser le réseau Libra,
créer des produits et renforcer la valeur ajoutée de ses services.
Apparemment, Facebook a oublié le fait que permettre à
quiconque de s’appuyer sur sa plate-forme d’applications est justement ce qui a
permis à Cambridge Analytica de détourner les données personnelles de 87
millions de personnes et de les utiliser à des fins de ciblage politique.
Mais dans le cas de libra, ce ne seront pas les petits secrets
des utilisateurs et les dates d’anniversaires des copains qui seront captés. Un
développeur un peu filou peut très bien créer un portefeuille qui vide le
compte d’un utilisateur ou transfère ses pièces au mauvais destinataire,
exploite l’historique de ses achats pour la commercialisation de données ou les
utilise pour blanchir de l’argent. Les risques numériques deviennent beaucoup
moins abstraits lorsque des actifs réels sont en jeu.
La Blockchain Balance est irréversible. Impossible de
récupérerez l’argent volé ou mal acheminé. Il n’y a pas de support client, mais
il y a beaucoup de pirates qui guettent les proies inexpérimentées comme des
charognards. 1,7 milliard de dollars de crypto-monnaie ont été volés l’an
dernier d’après CypherTrace (cf CNBC) .
Jusqu’à présent, le monde de la blockchain était surtout
constitué techniciens du numrique (sauf en cas de montée en flèche des valeurs
qui ont convaincu les citoyens moyens d’investir dans le Bitcoin juste avant
que les prix ne s’effondrent), mais, Facebook envisage d’intégrer les 2,7
milliards d’utilisateurs de sa famille d’applications dans le monde de la
crypto-monnaie.
Par mesure de précaution, il est urgent d’attendre, mais une
fois de plus, ce sont les petits, les plus nombreux, qui se feront tondre. 10
euros multipliés par 2.7 milliards, ça fait un pactole.