Les biologistes appellent « compétition » la «
rivalité » entre espèces vivantes pour l’accès aux ressources du milieu. En
réalité, cette « compétition » met souvent en jeu des associations entre organismes
individuels ou collectifs de la même espèce ou d’espèces différentes, mais
aussi des phénomènes complexes de bioconstruction, de symbioses, mutualisme,
etc., avec des espèces pionnières, des espèces fondatrices capables d’augmenter
la capacité d’accueil d’un milieu (raciles des arbres et champignons, etc.).
Des systèmes de régulation par auto-inhibition ou prédation (par exemple : relation
prédateur-proie) de la compétition rendent la coexistence de nombreuses espèces
possibles, même dans les milieux très pauvres qui sont d’ailleurs souvent les
plus riches en biodiversité.
Depuis Adam Smith, les économistes traditionnels on utilisé
e « modèle » des naturalistes darwiniens pour justifier le système socio-économique
qu’ils défendent pour justifier la « concurrence », ce qui n’est pas
tout-à-fait la même chose puisque cette la rivalité entre les entreprises
fournissant les mêmes biens ou services et voulant conquérir le marché, ou spolier
les « concurrents » en s’arrogeant le monopole d’accès à des
ressources coûteuses et peu renouvelables. Là, pas de complémentarité, mais « lutte
pour la vie », mise à mort et « loi de la jungle », une image beaucoup
moins séduisante que la précédente.
Alors, les idéologues modernes ont tenté de redorer le
blason de l’école pseudo naturalistes qui décrit le fonctionnement de la
société comme l’application d’une loi naturelle de complémentarité harmonieuse
en forgeant le concept de « compétitivité », terme qui induit l’idée
d’une sélection naturelle éliminerait « naturellement » les
organismes faibles ou malsain pour ne conserve que les meilleurs, « ceux
qui entreprennent et réussissent ».
Hélas, les images sont séduisantes mais fausses : pas
plus le « ruissellement » et le « premier de cordée » ne
rendent compte des rapports de production et de rapports sociaux. Les
métaphores ne sont pas des démonstrations, mais des sermons ou des plaidoiries
dont but est de convaincre et d’influencer pour masquer les tares d’un système
et protéger ceux qui en profitent.