Ce type est un grand homme, courageux, mais pourquoi passer sous silence sa critique de «
l’unilatéralisme » de la vision israélienne au sujet de la Palestine et à propos
de laquelle il avait écrit dans une tribune publiée par Le Monde le 4 juin 2002, avec Sami Naïr et Danièle Sallenave, et s’intitulait
« Israël-Palestine : le cancer »
: « c’est la conscience d’avoir été victime qui
permet à Israël de devenir oppresseur du peuple palestinien. Le terme Shoah qui
singularise le destin victimaire juif et banalise tous les autres (ceux du Goulag,
des Tsiganes, des Arméniens, des Noirs esclavagisés, des Indiens d’Amérique)
devient la légitimation d’un colonialisme, d’un apartheid et d’une ghettoïsation
pour les Palestiniens ».
L’article leur avait valu un procès pour « diffamation raciale
et apologie des actes de terrorisme » intenté par les associations
France-Israël et Avocats sans frontières qui avaient obtenu leur condamnation par
la cour d’appel de Versailles, mais ce jugement a été cassé par un arrêt
définitif de la Cour de cassation qui a reconnu que la tribune incriminée
relevait de la liberté d’expression de ses auteurs.
Espérons que la cour de cassation restera toujours aussi lucide et ferme.