Dans son livre « De la grande guerre au totalitarisme,
la brutalisation des sociétés européennes » (1990). George L. Mosse appelle
« brutalisation » l’acceptation d’un état d’esprit issu de la « Grande
Guerre » (14-18) qui a entraîné la poursuite d’attitudes agressives dans
la vie politique en temps de paix, un phénomène qui ne fait que s’amplifier.
Il s’appuie sur deux postulats
- la « banalisation » de la violence, qui à
travers la vulgarisation, la sacralisation et l’acceptation de l’expérience de
guerre aurait contribué à l’avènement des fascismes.
- la « brutalisation » elle-même qui postule que
cette guerre aurait été le catalyseur d’un renforcement des nationalismes à travers le développement de
valeurs nouvelles comme le patriotisme radical ou encore le culte de la
virilité.
La notion de brutalisation permet de mettre en lumière les
motivations de la radicalisation du champ politique américano-européen actuel.
Les fascismes larvés ou explicites trouvent leurs racines dans l’expérience
fondatrice de la guerre moderne, et la première guerre mondiale, malgré l’armistice du 11 Novembre qui n’a fait qu’enregistrer
officiellement la défaite de l’Allemagne, n’est toujours pas terminée.