« était devenu synonyme de culture à la sauce bobo-parisienne » pas d’accord. Plein de gens croient, et visiblement vous aussi, que les Grands Projets étaient réservés aux Parisiens, et on oublie toujours de citer les grands projets en province. Et il y en a eu beaucoup, tenez, petite piqûre de rappel :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Grandes_op%C3%A9rations_d%27architecture_et_d%27urbanisme#Projets_en_province
« Mais qui a profité des Grands Travaux ? » Pas vous ? Vous avez eu bien tort. En tout cas, personnellement, j’en ai bien profité, et j’en profite encore quand je viens à Paris.
Ps, vous avez oublié la Villette et la Cité des Sciences. Oui, je sais, c’était un projet giscardien au départ, mais c’est tout de même Mitterrand qui s’est finalement attaqué à ce gros morceau, en reprenant le projet (il aurait pu tout laisser tomber, mais il fallait quand même que quelqu’un se décide à faire quelque chose de ce satané abattoir) a lancé les concours d’architecture pour le parc et la Cité, et a fait réaliser le tout.
La seule chose que je regrette concernant les Grands Travaux, ce n’est même pas le prix que ça a coûté puisqu’il ne s’agissait pas de construire des trucs éphémères qui ne profiteraient qu’à une génération ou deux, mais le fait que certaines réalisations ont été bâclées, dit-on, afin d’être achevées pour le bicentenaire. Je me souviens par exemple des ouvriers qui ont bossé comme des dingues (des équipes travaillaient même la nuit si mes souvenirs sont bons) pour finir à temps l’opéra, j’espère qu’ils étaient bien payés parce qu’ils l’ont amplement mérité, et les plaques qui sont ensuite tombées, obligeant à recouvrir certaines façades de filets. La Grande Bibliothèque aussi où, me semble-t-il, les vitres des quatre tours (les « livres ouverts ») n’avaient pas été conçues pour protéger les ouvrages des attaques du soleil, et qu’il a fallu finalement changer, enfin je sais plus ce qu’il s’est passé là bas, mais il y a eu aussi un problème.
C’est pour ça que je trouve dynamisant que Macron annonce une reconstruction de Notre Dame pour dans cinq ans, j’espère que ce sera possible, ça donne des ailes de penser à ça, mais il faudrait tout de même pas oublier que c’est important aussi que les choses soient (re)faites correctement.
« combien d’ouvriers parmi les spectateurs des ballets ou opéras depuis trente ans ? » J’y ai vu le « Lac des Cygnes » pour trois fois rien. Comme quoi il est (était ?) possible d’avoir des places pas chères. Bon, ok, on était tout en haut, mais ça valait quand même vraiment le coup, et l’acoustique est excellente.
Il faut voir aussi que quand Mitterrand a été élu, j’avais 16 ans, et tout d’un coup j’ai vu, de même que ma génération, mon pays faire un bond spectaculaire en avant, je l’ai vu emporté par un élan d’optimisme et de dynamisme, on nous annonçait des projets culturels qui faisaient rêver et dont on avait hâte qu’ils soient achevés, on allait construire de nouvelles choses, développer... On a vu le côté positif de la chose (et je continue à le voir), alors vous savez, nous, le prix que ça allait coûter...
C’est dommage que maintenant, ça rende les gens grincheux.