Parce qu’il doit impérativement
ne serait-ce que se nourrir, se vêtir, se loger et se soigner,
l’homme est un consommateur. Il l’est depuis sa conception
jusqu’après sa mort – les marchés du prénatal et du funéraire
en attesteraient s’il en était besoin – et il se double d’un
producteur dès qu’il est en âge de travailler. Il est ainsi,
avant toute autre opinion ou considération, un agent économique au
service de la société, mais aux dépens de son environnement. Et
plus le nombre de ces agents augmente, plus leurs besoins
s’accroissent – outre ceux qu’ils s’inventent toujours plus
nombreux –, plus ils produisent, consomment, échangent et
s’enrichissent, avec l’aide du progrès scientifique et technique,
quelles que soient les conditions du partage de leurs richesses.
Qu’il s’agisse de ressources non renouvelables ou de pollution,
les atteintes à l’environnement augmentent d’autant et
s’ajoutent à celles d’une nature jamais avare de catastrophes
inopinées ou cycliques.
Tous les malheurs du monde en
découlent.
Comment nier cette évidence,
dans son rapport avec le caractère incontournablement pyramidal de
notre société, dû au fait que richesse et pauvreté existe l’une
par l’autre et qu’un destin aveugle assigne à chacun, à sa
naissance, sa place au sein de cette pyramide sociale dans laquelle
les pauvres se multiplient structurellement à une cadence qui est au
moins 6 fois celle des riches ? Jusqu’où irons-nous, alors qu’elle
s’atrophie toujours plus, sous la pression de 250 000 êtres
humains supplémentaires qui viennent s’ajouter quotidiennement à sa
population et que son sommet s’éloignant ainsi incessamment de sa
base, les écarts de richesse entre ses occupants se creusant
inéluctablement d’autant ?
Tant à des fins
environnementales que sociétales, une forme d’écologie répondant
aux attentes de toutes les autres s’impose d’urgence :
l’écologie dénataliste.
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