@sls0
<J’ai bien peur que le sionisme a été dévoyé. >
Le Sionisme « spirituel », compris comme une nostalgie d’une terre d’origine réelle ou imaginaire, ou comme une attirance pour un lieu ’sacré’, est tout à fait chose normale. Personne ne conteste les pèlerinages des uns et des autres ici ou là.
Le Sionisme « politique », qui s’exprime à l’intérieur du « droit international » et des « droits de l’Homme », dans le respect des résolutions de la Communauté Internationale, est aussi chose normale.
Mais c’est plus compliqué, car nous avons truqué les dés.
A mon sens, dès le départ, l’affaire a été mal emmanchée.
Les pogroms à l’Est et l’antisémitisme rampant de l’époque, partout en Europe, ce n’est pas du roman. Nos politiques de l’époque ont été incapables (mais ont-ils seulement vraiment essayé ?) d’affronter l’antisémitisme.
A mon sens, de par son histoire personnelle et de par son métier et de par ses écrits, Herzl me semble une personne honnête et droite. Vu par les politiques Européens, l’idée de Herzl d’exporter le problème (=les Juifs) quelque part hors du ’’monde civilisé’’ était sûrement une idée qui n’a pas déplu. A l’époque, le racisme et la suffisance imbibait tout le monde occidental.
Herzl était clairement un niveau au-dessus de nos politiques (dans ses écrits, Herzl ne cache pas la piètre idée qu’il avait d’eux). Devant leur échec, et dans le monde d’alors, l’idée d’autoriser une colonisation était acceptable. Herzl écrit que le Sionisme est une œuvre humanitaire (pour soulager les Juifs). Mais il veut un OK des grandes puissances. Un OK « diplomatique » sans paperasse, mais qui engage. Je pense que les « Grandes Puissances », comme il dit sans les nommer, on donné leur OK. Restait à trouver le moyen et l’opportunité.
En 1947, la décision a été obtenue. Après que les USA aient forcé la main à quelques États pour qu’ils changent leur premier vote. Et après que la proposition de dernière minute d’un groupe d’États Arabes de créer un genre de confédération a simplement été ignorée.
Une commission ad-hoc de l’ONU a bien écrit que cela ne passerait pas avec ces pays. On aurait pu prendre le temps de négocier quelque chose d’acceptable. Mais il a été décidé de passer en force.
En fait, cette opposition ’Arabe’ était une ’opportunité’, s’il y avait réaction violente, pour gagner rapidement quelque territoire .
La résolution de l’ONU prévoyait 2 États démocratiques (égalité de tous les citoyens dans chaque pays) et une intrication économique (au bénéfice mutuel). A mon sens, c’était un papier « pour la forme », car l’accord « diplomatique » était pour un État Juif. Le côté « Arabe » avait été tranquillisé qu’ils auraient la souveraineté sur leur terre (le fameux Sacred Trust of Civilisation) C’était un mensonge, car les deux promesses (côté ’’Juifs’’ et côté ’’Arabes’’) étaient incompatibles.
La mise en œuvre de ce qui a été concordé « diplomatiquement » ne pouvait se faire qu’en contraste avec nos Valeurs affichées. D’ailleurs, depuis toujours, on a généralement préféré regarder ailleurs.
Là-dessus viennent se greffer les Évangélistes US dont l’objectif (avec la seconde venue du Sauveur) se situe en grande partie dans l’au-delà (et dans la conviction que les Juifs se convertiraient avant l’Apocalypse). Et ce rêve (délire ?) a même été évoqué à l’époque de l’Ambassade de Jérusalem. Le soutien US est essentiel dans cette histoire.
Aujourd’hui, la plupart des médias Grand Public occidentaux sont plutôt assez inconditionnellement pro-Israël. C’est leur droit. Et les politiques qui soutiennent nos « Principes », aussi pour les Palestiniens, rencontrent des difficultés, qu’ils résolvent de la manière que l’on peut imaginer...
Il y a quand même plusieurs millions de réfugiés, à Gaza, Jordanie, Syrie, Liban,... en bonne partie descendants des Palestiniens qui ont été chassés après 1947. On les laisse pourrir sur place.
Ce n’est pas très humain.
Dans les faits, on s’en tape !
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