@Fifi Brind_acier
En 1965, un CEO
(Chief Executive Officer) gagnait 25 fois le salaire moyen d’un ouvrier ; ce
chiffre est passé à 56 fois en 1989 et à 116 fois en 1997. En 2005, le rapport
entre un PDG et un salarié serait aux États-Unis de 1 à 411[]. En France, le
rapport entre les rémunérations annuelles en équivalent temps complet des 10 %
les mieux payés et les 10 % les moins payés est de 3,4, un des taux les plus
élevés d’Europe : la Suède est à 2 et le Royaume-Uni à 3,2. Ces chiffres ne
traduisent que partiellement la réalité : en effet, les écarts se sont surtout
accrus entre les salaires d’un tout petit nombre de dirigeants et les autres,
phénomène encore amplifié par les attributions de stock-options (processus qui
permet au dirigeant d’acheter des actions à bas prix pour l’intéresser à
l’évolution du cours de l’action de leur entreprise). Dans une étude récente,
portant sur la période 1966-2001, Thomas Piketty et Emmanuel Saez, ont montré
qu’aux États-Unis le revenu médian a progressé de 11 %, le revenu des 10 % les
plus riches de 58 %, celui des 1 % les plus riches de 121 %, celui des 0,1 %
les plus riches de 236 % et celui des 0,01 % les plus riches de 617 %.