Il me semble que critiquer le narcissicisme et l’égocentrisme d’un/une cancicat(e) à la présidence de la République est des plus absurdes.
Oui, aujourd’hui, tous les candidats et toutes les candidates à quoi que ce soit s’entraînent, prenne des cours de com, même pour présenter un rapport de stage. (je fais répéper mes enfants avant leurs présentations....) Alors qu’une candidate à la présidence de la République ait pris des leçons de com, c’est élémentaire et si elle ne l’avait pas fait, on pourrait, à juste titre, lui reprocher son manque de professionalisme.
Pourrait-on imaginer une candidate qui dirait : « je suis nulle, je n’y connais rien, je suis conne, je n’ai ni idées ni expérience, je râte tout ce que je fais ?..... » Oui, la candidature à la présidence est avant tout une candidature où la candidate cherche à se mettre en valeur pour mieux se « vendre ». C’est la règle du jeu. Critiquer ces modalités, c’est parler pour ne rien dire, un exercice bien français.
Contrairement à ce que vous prétendez, Ségo ne dit absolument pas « confiez-moi les rênes de la France les yeux bandés, je me charge de tout ».
On peut rigoler de ses « débats participatifs ». Je suis moi-même bien placée pour le faire n’ayant jamais reçu de réponse à mes lettres ouvertes à la candidate...Madame Chirac, elle, a au moins une équipe chargée d’accuser réception des courriers qu’elle reçoit...Mais il est vrai que Madame Chirac bénéficie des fonds des contribuables...Il n’empêche, Ségo étudie ou fait étudier par ses équipes les cahiers de doléances des Français et il en reste toujours quelque chose dans ses projets. Elle n’écoute sans doute pas tout mais elle écoute déjà pas mal pour ce que je peux en juger.
Par exemple, personne d’autre qu’elle n’a été aussi loin dans l’évocation de la condition dramatique des millions d’handicapés et de leur famille. De ces mères, filles, soeurs, cousines, tantes qui consacrent leur vie à s’occuper de personnes à la prise en charge extrêmement lourde dont aucune institution ne veut depuis l’école jusqu’à l’hôpital.
Mais ce sujet n’intéresse que les intéressées elles-mêmes et pas les éminents journalistes qui préfèrent la questionner sur la dette, sujet pourtant sans pertinence d’après un économiste interrogé récemmet à la TV qui faisait remarquer que la France était parmi les pays le moins endetté de l’OCDE et citait le Japon dont la dette atteignait plus de 100 % du PNB.
A ce propos, Ségo a dit quelque chose de très juste : s’endetter n’est pas forcément une mauvaise chose quand ça permet de développer la croissance. Ce ne sont pas les chefs d’entreprise qui vont la démentir. Qui va nous faire croire qu’ils ne contractent pas des crédits quand ils procèdent à des investissements ? En France, s’endetter est tabou chez le petit bourgeois, contrairement aux USA où tout le monde vit sur des crédits, chose presque aussi simple que se brosser les dents. Dans ce contexte français, il est très courageux d’affirmer que le crédit n’est pas forcément une mauvaise chose et que cette dette dont on nous rebat les oreilles n’est pas fatalement un drame.
Elle dit très clairement qu’elle est là pour donner les grandes lignes de l’action présidentielles et que la réalisation technique sera confié à des équipes compétentes. Ce n’est pas original, c’est bien ce qu’on attend d’une dirigeante et il est bon de le rappeler plutôt que de rentrer dans les querelles du style « combien de sous marins nucléaires » ....
En ce qui concerne le pouvoir de l’Etat, elle décentralise et donne le maximum de pouvoir aux régions afin que les décisions soient prises au plus proche des réalités de terrains. Ne l’oublions pas, l’Etat est un régulateur, son principal défaut étant le centralisme. Ségo justement remet en question ce centralisme.
Il est faux de dire que Ségo ne dit rien de concret : elle cite toujours des expériences et mesures concrètes prises lorsqu’elle était ministre ou en tant que Présidente du Conseil régional du Poitou-Charentes.
Ségo annonce des mesures très concrètes en ce qui concerne l’immigration, la régularisation des sans papiers, etc. Elle élargit le débat en le focalisant sur le développement durable et en promettant la création d’un poste de vice-premier ministre en charge du développement durable.
Ségo fait très bien la différence entre sa spécificité femme et ses compétences individuelles. C’est du réalisme et pas de l’opportunisme. Dans le contexte misogyne ambiant (cf la formidable analyse d’Isabelle Alonso sur son site isabellealonso.fr) Ségo adopte une position équilibrée et pourtant pas facile à tenir.
A propos de misogynie, je suis toujours frappée par la manière dont les hommes journalistes s’adressent à la candidate : arrogance, mépris, dédain. On en a eu encore un exemple l’autre soir avec Eric le Boucher.
Oui, Ségo est une politique professionnelle, une apparatchik, une ambitieuse, une idéologue, etc. Pouvez-vous me citer un, une autre candidat(e) à la présidence de la République qui ne le soit pas ?????
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