A vrai dire, ces problèmes ne concernent pas que les banlieues, qui pendant longtemps en France furent, et restent les discriminés officiels. Une attitude du pouvoir qui permettait d’ignorer que bien des zones de province, situées sur la diagonale du vide qui tend à exploser partagent les mêmes problèmes. Il s’agissait de compartimenter la misère, de ne pas révéler comment elle était devenue endémique. L’explosion des inégalités s’est faite à partir des années 80, et après l’an 2000 la désespérance a gagné les gens de plus en plus jeunes. Ce n’est pas la vision libérale ni la culture de l’arrivisme triomphant qui va changer les choses.
Les gilets jaunes ont brouillé les certitudes et la manipulation surtout. Les pauvres et les discriminés de province ont eu le culot des banlieues, sont descendus dans la rue, relevant l’état du territoire qui n’a plus rien à voir avec celui de la France de Fernand Braudel, faisant encore un constat émerveillé du pays, à l’aube des années 80 avec des institutions qui fonctionnaient et assuraient l’homogénéité, et une promesse.
Repeindre des HLM ou aménager des ronds points dans des zones perdues, et qui ne vont nul part relève de la même politique de gribouille. IL faudrait une pensée politique, et non que celle ci se construise après la mise en objectif des lois du marché.