Pour moi, c’est simple : Le Pen a tout faux (il établit une mauvaise médication à partir toutefois de symptomes réels) mais profite à fond du fait qu’on essaye de lui donner raison, ou de lui opposer comme seule réponse une démagogie à outrance.
Prenons exemple sur Sarkozy et Fabius dernièrement : le premier reprend son slogan ’La France, tu l’aimes ou tu la quittes’. Soit. Mais il ne l’applique pas, il fait même le contraire en abolissant la double peine. Du coup, l’électeur frontiste de base va se dire : « Le Pen a raison, la droite reprend ses thèmes mais n’a pas les c... d’appliquer ses idées ». Et je doute que l’électeur de base change d’avis face à une simple figure de style. Quant à Fabius, il se ridiculise de plus en plus dans la démagogie à outrance. Aujourd’hui, le premier secrétaire d’un parti qui avouait ’ne pas pouvoir accueillir toute la misère du monde’ se propose de régulariser à outrance, sans donner la moindre condition. De quoi faire psychoter l’électeur frontiste de base, sans donner la preuve d’une alternative crédible aux idées de Le Pen (je préfère largement la proposition d’une régularisation après 10 ans de vie active, démarche électorale, et cérémonie civile proposée par DSK : ’la France, si tu l’aimes, tu la rejoins’, c’est quant même une meilleure réponse au ’Love it or leave it’ des frontistes
.
Le Pen, en terme de médecin, c’est plus le Dr Knock qui aime à faire croire en des maladies qui parfois sont réelles (la corruption, la montée des intégrismes) mais qui ne fait pas de bons diagnostics vu qu’il ne propose que l’amputation ou la saignée comme traitement...