Anna Gavalda a une vision du
monde hyper-conformiste. Elle classe les gens selon des critères
très brutaux quand on creuse un peu : il y a les winners, les
gens beaux, faits pour l’amour, et les inadaptés, tournés en
ridicule. C’est une vision du monde qui s’adapte très bien à
notre paradigme réseaux-sociaux/libéralisme/individualisme. D’où
son succès. Aucune contestation de l’ordre établi chez elle.
Aucune transcendance. Il y a le grand magma émotionnel, ceux qui
maîtrisent les codes et qui en profitent, et les autres, tournés en
ridicule ou ignorés. Dans le genre auteurs contemporains
sentimentaux, pourquoi ne parlez-vous pas plutôt de Nicolas Rey, qui
est un écorché vif, une vraie sensibilité, et un vrai écrivain ?