Comité de défiance et anticipation maladive
Le gouvernement épris d’une volonté soudaine d’anticipation s’est fourvoyé.
1 — Philosophiquement
Quel est le plus puissant moteur d’anticipation ? La peur. Le Conseil d’Etat écrit « En outre, la détection d’un nouveau variant du SARS-CoV-2 au Royaume-Uni est de nature à accroître l’incertitude. »
Cette crainte d’un virus mutant largement amplifiée (notamment par le premier ministre anglais) a servi de motif légitime à l’anticipation du gouvernement dans le projet Castex et les juges ont aussi fondé leur décision sur ce danger supposé important. Nous avons affaire à une anticipation à trop long terme et sous pression d’un discernement faussé par les alertes de l’instant T.
2 — Juridiquement
(Hop, je tourne ma casquette) Je n’entrerai pas trop dans les détails mais, pour ce qui concerne la disposition la plus litigieuse du projet Castex, j’avais particulièrement noté la notion trompeuse de « certaines activités » car si le mot « certaines » peut rassurer, le mot « activités » désigne TOUTE action humaine !
De même l’emploi pernicieux de la conjonction « ou » qui laisse croire à des options alternatives mais qui permet aussi de recourir par systématisme à la solution de la vaccination. Enfin, il y a la question du recueil et de la conservation des données personnelles, d’un respect de la vie privée (respect du RGPD).
De façon générale, il y avait un pouvoir démesuré accordé au premier ministre qui pouvait comme certains l’on dit « ratisser très large » en matière d’atteinte aux libertés.
Enfin, l’obscur comité de défiance (comme je le nomme) n’est pas fait pour redonner confiance et démocratie...