Le biopouvoir chez Foucault et Agamben
https://journals.openedition.org/methodos/131
Foucault repère une transformation du pouvoir lorsque la vie entre dans ses préoccupations à partir du XVIIIe
siècle. Il appelle « bio-pouvoir » les techniques spécifiques du
pouvoir s’exerçant sur les corps individuels et les populations,
hétérogènes aux mécanismes juridico-politiques du pouvoir souverain.
Agamben, dans Homo sacer, reprend l’hypothèse foucaldienne et
la fait fonctionner précisément sur le terrain délaissé par Foucault,
celui de la souveraineté. La souveraineté ne porte pas à ses yeux sur
des sujets de droits, mais de manière cachée sur une « vie nue »,
ex-ceptée par le pouvoir qui l’expose à sa violence et à sa décision
souveraine. On peut alors interroger le déplacement de l’hypothèse
foucaldienne opéré par Agamben et les rapports problématiques entre
pouvoir souverain et bio-pouvoir, afin d’évaluer la pertinence et la
fécondité de la notion de bio-pouvoir.