La valeur du juste est indépassable. Elle transcende toutes les valeurs humaines, y compris celles du bien et du mal. Il y a une incontestable prééminence du juste sur toutes autres valeurs.
Contrairement au bien et au mal, le Juste s’inscrit dans la réalité et y demeure. Le bien et le mal ont toujours été et ne pourront toujours être que des valeurs relatives qui varient selon les mentalités, les lieux et les époques. En outre, le bien et le mal se prêtent toujours à la théorisation, ce qui a pour effet de couper ces idées de la réalité. Il en résulte tous les excès que l’on connaît : fanatisme, obscurantisme, guerres du bien contre le mal.
En revanche, le Juste ne peut pas connaître d’excès, c’est la définition même du juste que d’exclure tous les excès. Le Juste cherche à rester au contacter de la réalité, contrairement à la morale du bien et du mal.
La pensée doit donc cesser de raisonner en valeurs de bien et de mal. Spinoza et Nietzsche avaient déjà eu l’intuition qu’un tel dépassement s’imposait. Mais il restait la question de savoir : qu’est-ce qui peut s’imposer au bien et au mal et les supplanter avec succès ? La réponse ne peut être que : ce qui est juste. Le Juste.