@Jean Dugenêt
Pour votre gouverne et afin de vous dessiller les yeux, voici un extrait court de Mohamat-Saleh Haroun , réalisateur tchadien qui présente son film « Lingui , les liens sacrés » en compétition officielle pour la Palme d’Or à Cannes 2021. Il parle de l’islam dans son pays.
Jeune afrique : Dans le film , les personnages font face à deux grands opposants à la solution de l’avortement : le pouvoir politique et, surtout , le pouvoir religieux. Le second , alors même que le Tchad semble être un pays d’islam modéré ?
Mohamat-Saleh Haroun : << Oui, c’est bien le pouvoir religieux auquel il est plus difficile de faire face. Il repose sur un dogme ,alors que le politique repose sur une idéologie . Or une idéologie , on peut en débattre, une discussion est possible. En islam , les textes sacrés , eux , sont immuables et on ne peut y toucher. Personne n’ose envisager de les réviser et on doit appliquer ce qui date du Vie ou du VIIe siècle. Au Tchad , il ne faut pas s’y tromper. L’islam est sunnite, et il est en réalité lié au wahhabisme, il ne peut être soft, mais il régit toute la vie des gens. Même sans être extrémiste , il a une mainmise sur les individus. Cela se voit aujourd’hui à travers les accoutrements ,les looks , c’est ainsi que l’on vous terrorise quant à votre manière d’être >>
Donc des trois religions monothéistes , les deux premières , Judaïsme et Christianisme ont fait leur aggiornamento , celui de l’islam reste a faire. Il leur faut un Spinoza et un Voltaire.